Accueil du site > Musique > Concerts > Jean-Louis Murat, Nuits Botanique, 09/05/2010

Jean-Louis Murat, Nuits Botanique, 09/05/2010

lundi 10 mai 2010, par Marc

Cachons-nous dans les ténèbres


Revoici le printemps, revoici les Nuits Botanique, qui allient comme souvent chouette programmation et bonne humeur. La météo n’est sans doute pas la meilleure alliée d’un verre pris en extérieur nuit, mais je vous parlerai des concerts que j’irai voir. Il n’y en a pas des tonnes, parce que la vraie vie est là et que je l’aime beaucoup aussi.

Il y a des concerts tous les jours au Botanique, et souvent des bons. Alors, qu’est-ce qui caractérise ceux qui sont donnés dans ce cadre ? Souvent l’intérêt et la longueur de la prestation de la (ou des) première(s) partie(s). Donc j’étais content de retrouver Scout Niblett. Découverte il y a deux ans et un jour alors que j’allais voir Marissa Nadler, j’étais curieux de voir cette énergie brute sur scène, même si je n’avais pas écouté son dernier The Calcination Of Scout Niblett à l’hilarante pochette. Je vous dois bien évidemment la plus franche honnêteté donc il faut que vous sachiez que le concert fut aride. Certes il y avait visiblement le décalage horaire, mais l’idée de se produire seule sur scène n’est pas idéale. Surtout que son talent limité de batteuse n’aide pas. Fort heureusement, c’est seule à la guitare électrique qu’elle assure la majeure partie du concert. L’uniformité guette mais au final, je n’ai pas décroché au long des 50 minutes de ce que ferait PJ Harvey dans le plus grand dénuement. Une semi-déception donc.

Ce site existe depuis 2003 (pas sous cette forme il est vrai) et c’est sans doute Jean-Louis Murat qui a été le plus souvent critiqué. Il faut dire que sa productivité est impressionnante et que je le suis depuis longtemps déjà. Etrangement, son dernier album n’est pas venu allonger la liste des 8 critiques déjà existantes, et je n’ai eu l’occasion de l’écouter qu’une seule fois. Mais ce n’est pas grave, une fois qu’on a adhéré au style il est difficile d’être déçu. C’est donc logiquement que Le Cours Ordinaire des Choses définit la majorité de la playlist (laquelle est disponible sur Frontstage).

Murat en concert, c’est un souvenir étrange de 2003, une sale humeur, et une petite appréhension venant de l’imprévisible. En effet, les rares live de sa discographie sont souvent assez différents de ce qu’il produit en studio (comparez Murangostang et Mustango par exemple). Il est accompagné d’un très efficace et discret trio basse-batterie-clavier qui tient parfaitement en place. On se rend vite compte de plusieurs choses. Tout d’abord, la voix est splendide, assurée, caressante et on retrouve le même plaisir que chez soi. Ensuite, la diction n’aide pas toujours la compréhension de textes volontiers allusifs. Enfin, c’est un sacré guitariste. Tout ça mis ensemble, sans une seule baisse d’intensité, sans une once d’hésitation, rend le moment particulier. A tel point qu’on regrette que ce vaste châpiteau soit aussi peu rempli (disons, aux deux tiers). Dans un contexte pareil, les chansons plus anciennes de son répertoire prennent un beau relief. Train bleu ou le formidable Examen de Minuit de Baudelaire frappent fort. On le constate, ce n’est pas une optique best-of qui est choisie, et le contraire eut étonné. Mais vu l’étendue de son très beau répertoire, n’importe quelle sélection ravit l’amateur que je suis.

Article écrit par Marc

Share on Facebook

Répondre à cet article

9 Messages de forum

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0