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Kate Nash, Botanique, 08/06/2010

jeudi 10 juin 2010, par Marc

Perplexité


Il a souvent été question des albums qui laissent perplexe. Pas qu’on ne les aime pas, mais ils ne semblent pas se prêter à une analyse. Il en est de même pour les concerts, avec la circonstance aggravante qu’on ne peut les rejouer.

Il sera dit que les premières parties de ces derniers temps ne nous auront pas gâtés. Le trio irlandais de Sisters Lovers fait sourire quand il singe de façon sommaire le Sonic Youth de longtemps avant la naissance des membres du groupe, amuse moins quand le rock se fait plus banal et que le chanteur montre ses limites, est un peu grotesque quand un solo se veut déstructuré en étant juste mal fichu, et agace carrément quand on a l’impression vers la fin qu’on assiste à un karaoké sur U2 après quatre Westmalle.

Avant que les photos ne soient disponibles, il faudra que vous me croyiez sur parole mais l’apparence de Kate Nash dès son entrée en scène met un peu mal à l’aise. Les cheveux d’une couleur indéfinie, un hectare de noir sur les paupières, et surtout une espèce de salopette bariolée jaune et bleue, voilà pour la présence. Elle s’installe donc devant son clavier, les jambes cachées par une bâche qui affirme « a cunt is a very useful thing » (indeed). On ne m’a jamais vanté avec des trémolos dans la voix l’excellence des prestations live de la demoiselle mais là, on est quand même un peu circonspects. Certes, la voix est la sienne, assure toutes ses fantaisies, monte à la demande, le groupe a l’air en place mais le son reste assez indistincts un peu trop pour reproduire de façon tout à fait satisfaisante les subtilités des albums, surtout que le premier album a quand même été écouté un paquet de fois. On sent les gens content d’entendre le toujours très bon Foundations mais il y a un goût de trop peu.

Le dernier My Best Friend Is You m’a laissé une bonne impression (critique en retard mais imminente) et les morceaux avaient eu le temps de décanter, ce qui renforce encore l’impression d’inachevé. J’imagine aisément que certains morceaux plus destroy (Higher Place, I Just Love You More, une reprise non identifiée) puissent déconcerter, mais personnellement, sa voix se prête bien à cette fureur, voire un peu d’esprit aventureux (ça veut dire intéressant mais pas doux à l’oreille) sur Mansion Song. De même, elle se débrouille assez bien toute seule à la guitare pour l’attachant I Love Seagulls qui ne devient étrange que par le décalage avec son apparence (désolé de revenir avec ça…).

Les rappels se limiteront à une version distordue de Pumpkin Soup. On a donc été prié d’aller trainer ses réflexions ailleurs. C’est qu’on était arrivés avec une image de la donzelle qu’on doit remettre à jour.

EDIT : les photos sont en ligne : http://picasaweb.google.com/marc.mineur/KateNashBotanique08062010

Article écrit par Marc

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