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Tokyo Police Club - Champ

lundi 28 juin 2010, par Fred, Marc

Reçu avec satisfaction.


Certains groupes ne sont pas tonitruants et se font un peu oublier entre deux sorties. Mais leur retour évoque de façon pavlovienne une petite satisfaction. On avait à l’époque apprécié l’énergie de ce groupe de Toronto ainsi que la voix distinctive de Dave Monks.

Ils étaient alors à la lisière entre deux mondes, deux spectres qui autre part s’entrechoquaient peu : un son froid et un post-punk énervé mais plus détaché. On avait eu le temps de bien digérer leur mini-album (ou gros EP) A Lesson In Crime, ce qui plaçait déjà le premier album dans une évolution. Parce qu’il était indéniablement plus charpenté, plus inscrit dans le présent.

La fièvre a pourtant un peu disparu et on peut se demander qui a distribué du bromure à tant de groupes qui nous avaient tant plu. Et puis on se ravise, on apprécie même ce changement occasionnel. Parce que la variation des arrangements évite tout ennui. Et puis la rythmique est variée, pas forcément carrée comme c’est si souvent le cas dans le rock. Par exemple, sur Bambi (quel nom ?), leur guitariste se trompe de groupe et pense jouer avec Vampire Weekend apparemment. Sérieusement, c’est très réussi. Ces pizzicati de guitare callés sur la batterie font se détacher ce morceau du style du reste de l’album, comme un Foals ayant fait l’impasse sur le quadruple expresso du matin.

On a quand même droit à une augmentation de cadence sur Big Difference, en souvenir du bon vieux temps certainement. Avec toujours des sons plus ‘froids’ que dans le post-punk à tendance popisante pour les distinguer (également sur Not Sick) ou voire un peu plus seventies (c’est la mode) sur End Of A Spark. Energie et bonne humeur font bon ménage sur Boots of Danger. La voix évoque celle de Julian Casablancas, quand le premier morceau Favorite Colour font irrémédiablement penser au Strokes pour les premières notes de guitare et le phrasé du chant.

Ce qui fonctionne souvent chez eux, c’est une certaine mélancolie dans les mélodies, qui contraste avec le ton enjoué de la rythmique. Il y a peut-être moins d’équivalents au formidable Juno mais Wait Up est en lice.

Comme prévu, les morceaux qui jouent moins sur l’énergie sont les plus difficiles à réussir. C’est pourtant la clé de l’évolution d’un groupe comme ça. Ils s’en approchent sur Breakneck Speed. Encore avec une certaine froideur, entre autres dans les sons de basses. Quand on a vu que The Subways par exemple se sont effacés dès le second album, on apprécie cette évolution à sa juste valeur. Rien de plus difficile que la transformation d’un jeune groupe nerveux qui veut étendre son univers. On peut placer beaucoup de réserve et d’a priori mais parfois, comme ici, on a une bonne surprise.

Malheureusement, ils n’y parviennent pas toujours et la lenteur Hands reversed est agréable mais leurs penchants ensoleillés transparaissent mieux sur Gone, lequel les rapproche aussi des vampires de fin de semaine. L’enchainement de ces deux morceaux ralentit quand même l’allure de l’album.

On a maintenant la preuve que le talent de Tokyo Police Club ne nous donnera jamais d’albums désagréables. Parce que l’allure que prend leur évolution leur ouvre des champs d’exploration très étendus, on sait qu’on sera encore surpris par le prochain album. C’est vous l’aurez compris voici un album qu’on peut passer à tout le monde sans jamais ressentir de honte, et ça, c’est déjà beaucoup.

Article écrit par Fred, Marc

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