Accueil > Critiques > 2004

Mudflow : A Life On Standby

jeudi 10 août 2006, par Marc


Tant qu’il y aura des notes, tant qu’il y aura des riffs inoubliables, qui en quelques mesures vous retournent, tant qu’il existera des bribes de morceaux pareils, qu’on attend tout le morceau durant (l’intro harmonica de The River de Springsteen, plein de passages de Echoes de Pink Floyd, le solo de Comfortably numb des mêmes, des montées de Drunk Tank des Tindersticks, des hurlements de Thom Yorke sur Idiothèque, just a lifetime des Legendary pink dots, le second couplet de New Dawn fades de Joy Division, les premières notes de London Calling des Clash, l’intro de Unfinished sympathy de Massive attack, le riff de 36 degrees de Placebo, le refrain de Sometimes de Sophia et encore bien bien d’autres), on pourra continuer à faire des chroniques avec passion, même pour ne pas être lus. Tout ça pour dire que le riff de Chemicals du troisième album de Mudflow est de ces moments uniques, grâce sur un morceau qui n’avait pas besoin de ça pour déjà être très bon.

Dans la profusion des bons groupes belges, se trouve cet album assez inclassable qui marque l’apogée du genre dans les groupes bien de chez nous qu’on montre fièrement. Plus fin et abouti, plus osé dans ses mélodies et nettement profond, cette pop (musique d’abord facile, et c’est el cas, car tout tient à plaire facilement) est vraiment exceptionnelle. On le remarque sur le longueur de cette plaque sans point faible. Des imparables Unfinished relief et Today aux plus introspectifs How I get depressed and started a war et Song 1, on sent le d&sir de faire des chansons belles, tous simplement, sans effets de manche ni obscurité.

Le tout se clôture par le long New Eve, qui déborde volontairement du cadre du format pop de 3 minutes 30 sinon pas de passage radio et au dodo sans dessert.

A part les comparaisons purement qualitatives du début, un album qui ressemble suffisamment à aucun autre pour être un des meilleurs de la production actuelle. Mais que la musique peut être belle parfois. (M.)

    Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • The Imaginary Suitcase - Alone, we go faster. Together, we go further (...)

    Dix ans déjà et maintenant dix critiques de notre côté (on se place tout de même comme exégètes officieux), c’est le temps de la célébration. Pour fêter ça, ce n’est pas vraiment le genre de la maison de sortir une best-of pour les fêtes. Par contre, profiter de l’occasion pour retrouver des collaborateurs qui l’ont accompagné, c’est bien plus le genre de Laurent Leemans. Regarder dans le rétroviseur pour (...)

  • Sïan Able - Veni Vidi Sensi

    D’accord, un premier EP qui plait, c’est un bon début mais confirmer avec un bon premier album, c’est l’étape cruciale d’une carrière. Donc Sïan Able (anagramme de son vrai nom Anaïs Elba) passe la vitesse supérieure et son talent ne se dilue pas dans la taille d’un album.
    On l’a déjà dit, les styles plus soul ne sont pas nécessairement ceux qu’on goûte le plus. Pourtant on l’avait tout de suite adoptée, (...)

  • Van Den Bear - No Plan Survives First Contact (EP)

    On n’a pas deux fois l’occasion de faire une première impression. Fort de ce poncif, le Bruxellois Antoine Van den Berg entame son troisième EP avec fracas, comme une version (forcément) soft d’A Place To Bury Strangers, déflagrations comprises. La voix est clairement l’argument principal mais ce n’est fort heureusement pas le seul. On peut donc convoquer sans honte des références au bel organe parce (...)

  • Auguste Lécrivain - Noir Quart D’Heure

    Sans qu’on sache trop pourquoi ni comment, les artistes francophones deviennent plus nombreux en ces colonnes. Et logiquement, la diversité est au rendez-vous. Si on vous a parlé de ceux qui brouillent les frontières et les genres, ce jeune artiste belge se situe dans un versant résolument traditionnel. Mais n’allez pas en déduire que c’est daté, le son et les influences un peu bossa viennent (...)