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Those Dancing Days - Daydreams and Nightmares

lundi 7 mars 2011, par Marc

Carrosserie flashy


Quand on a une marque de fabrique, on la garde. Et tant pis si elle consiste à faire des pochettes d’albums moches. C’est ce qu’ont certainement du se dire les cinq suédoises de Those Dancing Days au moment de décorer le successeur de leur sympathique premier album éponyme.

Dès les premières écoutes de cet album, on sent une importante progression. La batterie est bien plus soutenue, se permettant même de devenir un poil hystérique de temps à autres (Fuckarias), la production plus professionnelle, et on les sent plus aguerries à leurs instruments. Je rappelle que j’ai vu cette guitariste gratter à côté des cordes (il était midi au Pukkelpop il faut dire). Ce qui peut sembler paradoxal, c’est que ces améliorations de détail se soldent par une baisse de l’intérêt général. Sans doute qu’on sent le passage en force, expédient très usité pour que le soufflé ne retombe pas. Par exemple, ralentir un Forest Of Love forcerait le décrochage. On songe aussi que si le chorus de Reaching Forward est solide, elles semblent y forcer leur nature.

La voix de Linnea Jönsson est toujours proche des accents des Long Blondes mais plus pop, détachée. Les mélodies restant un peu alambiquées, surtout certains refrains qui sombrent parfois dans un mainstream qui se cherche (Dream About Me).

Donc ce n’est pas de là que viennent nos réserves. Elles proviennent plutôt de l’adjonction à tout bout de champ de nappes de synthés qui semblent toutes sorties de Disintegration (l’album historique de Cure, c’était en 1989). Alors que la bande de Robert Smith arrivait à en tirer un bon parti, on déplore ce choix sur Can’t Find The Entrance et sur pas mal de morceaux qui s’annonçaient bien comme When We Fade Away. Son gimmick de guitare peut rendre nostalgique de The Organ, qui ne commettait pas de faute de goût. On regrette donc le son du son du Farfisa. C’est comme une casquette retournée. Ce sont nos propres stéréotypes qui se confrontent à une image qui s’affirme presque malgré elle.

Au moment des choix il vous faudra trancher : préférez-vous un album sympathique à un album bien fichu ? Après l’artisanat pop sixties du premier, c’est une machine de guerre qu’on a fait ici. Les singles potentiels sont là, elles ont le petit supplément de gniak qui fait toujours passer le tout et évite de partir en vrille à plat, mais on a quand même l’impression que peindre une carrosserie en couleur flashy n’a jamais conféré de chevaux supplémentaires, sans parler de la distinction.

Article écrit par Marc

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