lundi 23 mai 2011

La liste s’allonge
Rendons au Mmarsupilami ce qui lui est dà », c’est son enthousiasme qui m’avait convaincu de découvrir Little Scream. Et encore une fois, c’était un conseil avisé. Il est toujours bon d’avoir des repères.
On n’est pas là pour un comparatif ni une étude de marché mais il faut aussi considérer qu’il y a pléthore de talents dans le secteur. Citons Agnes Obel, Deb Oh, Hannah Peel ou Lia Ices, et on peut même étendre l’analogie à Anna Calvi. On retrouve la même famille de qualités (fraicheur, versatilité, richesse de l’enrobage) et les mêmes bémols, à savoir la difficulté pour ces jeunes artistes de livrer des albums emballants de bout en bout. Et puis on réfléchit deux secondes (ça arrive même aux meilleurs) et on réalise qu’on parle dans tous ces cas de premiers albums d’artistes jeunes et pas encore au sommet de leur art. Cette considération doit en tous cas nous donner de beaux espoirs. Il suffirait à une de celles-là de continuer à grandir, et le chef-d’œuvre sera sans doute au rendez-vous. Peut-être que comme dans le cas d’Annie Clark, d’Hannah Peel ou Anna Calvi (donc celles que j’ai eu la chance de voir), c’est en concert que la révélation se fera.
Dans un contexte aussi concurrentiel, comment se place Little Scream ? Elle peut en plus de son talent compter sur deux éléments. Tout d’abord des collaborations de très haut vol puisque qu’on retrouve au casting des membres d’Arcade Fire (Richard Reed Parry, Sarah Neufeld), Silver Mt. Zion (Becky Foon), Stars (Patty McGee), The National (Aaron Dressner). Ensuite, la versatilité est encore plus marquée que les exemples cités.
On peut ainsi écouter de jolies balades gentiment hantées (The Heron and The Fox) comme une ampleur supérieure (Your Radio). C’est l’album d’un auteur qu’on écoute, avec ce que ça implique comme recherche sur les ambiances et sur les sons. On a donc peu de balade pure ou de folk décharné, un petit violon, un discret sifflement vient en renfort (Black Cloud). Elle se lance aussi plus volontiers que ses coreligionnaires dans des moments plus tendus (Red Hunting Jacket), avec une guitare gentiment vrombissante (Guyegaros). J’ai aussi senti des accents d’Anita Lane, comme ça on aura poussé le name-dropping gratuit suffisamment loin.
Ce qui m’a un peu manqué, quitte à paraître grognon ? Un morceau qui fait vraiment la différence, pour servir de carte de visite, de point d’accès. People Is Place pourrait être celui-là , surtout quand la fin prend la tangente. Mais ce n’est pas toujours aussi réussi (Boatman). On trouve donc de tout sur cet album d’une jeune chanteuse talentueuse qui sait s’entourer. La liste s’allonge, les lendemains seront bons.
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