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Miles Kane - Colour of the Trap

mardi 10 mai 2011, par Laurent

Pour un bout de couverture


Ceux qui possèdent “Rascalize”, premier et dernier album des Rascals, le savaient déjà. Pour les autres, “Colour of the Trap” est l’occasion de démontrer que Miles Kane, ex-leader desdits Rascals mieux connu pour être la moitié des Last Shadow Puppets, n’était ni la shadow ni la puppet de son ami Alex Turner, souvent considéré à tort comme la seule tête pensante du fameux side-project. Si les rôles respectifs des deux jeunes frappes resteront sans doute sous la coupe du secret professionnel, impossible en tout cas de dénier aujourd’hui que le duo dandy-cool n’a pas compté qu’une, mais bien deux plumes de premier choix.

On pense forcément à Carl Barât, injustement bridé par l’image écrasante de son frère ennemi Peter Doherty jusqu’à ce qu’un album-manifeste lui rapporte un peu de lumière, et puis à bien d’autres cas d’école qui, de George Harrison à Liam Gallagher, ont dû lutter pour s’affranchir d’ombres tutélaires briseuses d’élan. Miles Kane débarque en solo dans un contexte légèrement différent puisque, sorti d’une carrière en groupe mal éclairée, il peut bénéficier de l’aura des Last Shadow Puppets pour tirer un bout de couverture à lui, moins en quête d’émancipation que de notoriété.

“Colour of the Trap” pourrait la lui apporter même si, comme toujours, il faut encore à ce rock prophète en son pays la force de traverser la Manche. Toutes eaux territoriales confondues, le premier titre est en tout cas un sacré morceau, un tube hooligan à l’ancienne qui donne envie de chanter à tue-tête en foutant la merde au stade. Il y a un côté glam dans cette rythmique en deux temps et ces guitares étincelantes ; pour être précis, on pense franchement à T-Rex, même si le refrain fastoche lorgne plutôt du côté des Fratellis. Come Closer, que ça s’appelle, et effectivement on jetterait bien un coup d’œil de plus près au reste du tracklisting.

En fait, rien dans la suite du parcours ne renoue avec cette énergie sauvage. On est plus proche, globalement, de l’ambiance fringante des Last Shadow Puppets, ce côté prolétaire embourgeoisé qui trempe son répertoire dans les années soixante tout en réussissant à le faire sonner étonnamment moderne (Counting Down the Days, Take the Night from Me). Peut-être aussi parce que certains modèles sont intemporels et qu’en s’inspirant aussi ouvertement de John Lennon – aussi bien en version rêveuse (My Fantasy) que rebelle (Better Left Invisible), Miles Kane touche à quelques valeurs universelles, à commencer par le savoir-faire mélodique, sans oublier la faculté de dire peu pour suggérer beaucoup.

Le Liverpudlien multiplie ainsi les coups d’éclat, d’un Rearrange réminiscent des Doves au suave Happenstance, qui caresse à son aise la sensualité que Nouvelle Vague cherche encore. Quicksand frôle la twee – un terme devenu curieusement injurieux depuis quelque temps – mais maintient la tension, prolongée par un Inhaler élégamment nerveux. Nous sommes donc en présence d’un disque varié, fichtrement bien mis en son – la production est absolument parfaite – et qui confirme tout le talent d’un jeune chanteur anglais plus doué que la moyenne. Certes, Miles n’a pas le regard perçant de son pote Alex sur la société contemporaine, mais l’apparente simplicité de ses chansons n’a rien d’anachronique. Elles vont juste droit au but.

Article écrit par Laurent

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3 Messages de forum

  • Miles Kane - Colour of the Trap 10 mai 2011 12:16, par Benjamin F

    Je n’étais pas dans des conditions d’écoute optimale, mais j’ai trouvé cet album assez creux et vain. Miles Kane a certes des facilités d’écritures, il n’empêche qu’à part de jolies références, ce disque ne démontre pas grand chose. Les chansons m’ont paru faiblardes, souvent banales et quelques refrains sont effectivement beaucoup trop en mode rengaine. Je n’y ai pas ressenti non plus d’aspect twee mais c’est surement parce que je suis fan du genre et que je n’entends du twee que sur les disques que j’aime :)

    D’ailleurs, sans juger avant d’avoir écouter, j’ai néanmoins de grandes appréhensions à l’égard du futur Artic Monkeys :)

    Voir en ligne : http://www.playlistsociety.fr/

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