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Séance de rattrapage n°8 - Trois étoiles et puis c’est tout

samedi 30 juillet 2011, par Marc


Comme Laurent a lancé la bonne idée du florilège de critiques courtes, pourquoi ne pas vous livrer ce qui ne mérite pas de vous assommer en longs paragraphes. Un peu de tout pour passer ce week-end de vacances.

Bill Callahan– Apocalypse

Un concert inattendu et vraiment exceptionnel au Pukkelpop 2009, m’a fait découvrir Bill Callahan. J’ai retrouvé sur son dernier album la voix magique et la classe infinie. Mais aussi des morceaux plutôt déclamés C’est une originalité, certes, mais implique de s’intéresser de plus près aux paroles. Je suis resté admiratif du début à la fin, mais pas vraiment renversé. On peut rester à la lisière, séduit par la distinction sans pour autant succomber aux morceaux individuels. Se lover au creux d’une voix pareille reste néanmoins un moment privilégié.

Bright Eyes – Live Recordings

Ce petit EP de Bright Eyes pourrait être vu comme un manifeste, une démonstration que le groupe de Conor Oberst prend une autre dimension sur scène. Firewall tiré du dernier album en devient plus puissant avec de vrais roulements de batterie. Pareil pour Shell Games même si on n’aurait pas pleuré l’absence de ces embarrassants synthés. Pour le reste, il s’agit d’un survol rapide d’une discographie qui s’étoffe, pas vraiment sous forme de best-of puisqu’il y a de meilleurs morceaux qu’Arc Of Time sur Digital Ash In a Digital Urn. Dégustez néanmoins cette version minimaliste de Ladder Song, tout en émouvante retenue.

Frivolous– Meteorology

Il n’y a pas que les folkeux qui soignent par la musique leurs déceptions. Largué et expatrié, le Canadien Mike Ink a réagi avec cet album dont les meilleurs moments sont Ostalgia et sa mélodie d’une mélancolie vieillotte et tenace paradoxalement entrainante et le gai désespoir de Serenade Des Excentriques, avec des voix (ses traitements vocaux sont une réussite) en sus, le montage en couches pouvant renvoyer au bondissant et insaisissable Nesrib de SIS. Dans ses meilleurs moments, on retrouve les ressorts de minimal pour attiser l’intérêt (sons glitch...) sur des lignes de basse house plutôt classiques (Allen Town Jail), ou des cloches avec écho comme chez Pantha Du Prince (Red Tide), apportant une variété qui lui permet de tenir la distance.

I Am Oak – Oasem

Encore un océan de douceur, précieux moment de repos offert par le batave d’I Am Oak. Son mélange subtil d’électronique et de chant occasionnellement précieux est en tout cas un conseil, pas éloigné d’un Cascadeur sans la grandiloquence (et le buzz étrange), avec en plus de fameux pics d’intensité (Islands II). La discrétion est parfois une qualité, et il ne faudrait pas qu’elle vous prive d’une belle occasion de laisser libre cours à vos penchants délassants (parce que vous en avez, je le sais).

Philip Selway - Runing Blind EP

Oserais-je la provocation en disant que j’ai bien plus souvent écouté le joli album de Philip Selway que les deux derniers du groupe dont il est batteur (Radiohead pour mémoire) ? C’est pourtant la pure vérité, j’ai complètement fondu pour la délicatesse de By Some Miracle, pour cette voix en apesanteur. C’est en tous cas un des albums de l’an passé qui m’accompagne le plus, parfois même davantage que d’autres plus généreusement dotés en étoiles. Ce petit EP en est le complément idéal, avec cette pudeur et cet enchantement, ces mélodies qui font mouche et ce détachement qui empêche de chercher des traces du groupe de base.

Stars - The Bedroom Demos

Etrange idée de publier ces démos quatre ans après la sortie de l’album. La différence peut être vue comme une petite leçon de production. Ces démos ne sont pas des chutes mal dégrossées, et sont bien supérieures à ce qu’on peut recevoir sous forme prétendument achevée. On peut donc s’amuser à dénoter les différences. The Night Starts Here est plus complexe, un peu plombé par des beats qui gâchent le chant aérien. C’est marrant, mais une voix de fausset à la place de celle d’Amy Millan, ça plombe un des morceaux les plus bouleversants qui soient. Du coup, Barricades en devient plus touchant. Et non, Genova ne me plait toujours pas. Bon point, l’envie m’a pris de réécouter cet album d’un des groupes les plus attachants qui soient.

To Destroy A City - To Destroy A City

Il y a deux vitesses au post-rock. Celui qui tente de faire exploser ses limites, explore, incorpore des instruments classiques ou électroniques. Et puis il y a la voie historique, soucieuse d’appliquer consciencieusement les recettes existantes. Sur son premier album, le trio de Chicago reste très classique, un rien électronique parfois, plus mélancolique le temps d’un Goodbye Dear Friends. Comme souvent, c’est désolant de manque d’imagination. Comme toujours, c’est très agréable et parfaitement exécuté.

Unknown Mortal Orchestra - S/T

On pouvait le soupçonner, mais il y a un style Pitchfork, une combinaison qui marchera pour eux. A nous de le savoir au moment d’aborder ce qui les agite. On retrouve donc du rock psychédélique, mais avec un traitement de son particulier, applicable à l’ambient shoegaze (Atlas Sound), au rock nerveux (Sleigh Bells) ou au rock branque (Woods). On n’a même pas encore parlé de la musique elle-même, qui peut même se faire très envoutante, le temps du chorus d’How Can U Luv Me. Le dernier arrivé dans un procédé doit avoir de fameux arguments pour surnager et ce n’est pas vraiment le cas ici. N’y voyez cependant pas une raison de bouder votre plaisir.

Vetiver – The Errant Charm

Parmi les groupes qu’on se surprend à aimer parce qu’ils ne nous ont rien demandé, Vetiver est sans conteste un des maitres du genre. Tout est effacé, au second plan, à un tel point que ce qui pourrait paraître anodin est transformé. Brillamment anodin si vous voulez. Et quand cette propension à plaire en sourdine n’est pas une conséquence mais un but, c’est carrément de la maestria. Cette musique se déforce un peu à l’analyse, mais la coolitude folle de It’s Beyond Me s’écoule dans un chorus dont on n’espère pas la fin. Pour le reste, et si on tient absolument à distinguer les bons morceaux, on passe du funk de table basse (Can’t You Tell) à des guitares plus cristallines (Hard To Break). Dans ce contexte, un morceau flashy serait du plus mauvais goût. Ils ont parfois par le passé instillé une vraie tension sur certains morceaux (To Find Me Gone), mais ce n’est plus à l’ordre du jour.
Article écrit par Marc

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