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CSS - La Liberación

jeudi 29 septembre 2011, par Laurent

L’insoutenable frivolité de l’être


CSS pour « cansei de ser sexy ». Fatigué d’être sexy, le quintette brésilien a très tôt délaissé son électro-pop sensuelle et glamour pour un second album aux relents de punk mal digéré. Faisant suite à un premier disque jouissif, le pénible “Donkey” faisait figure de cas d’école dans le contexte des sensations d’un jour, ces nombreuses formations un peu trop vite montées en épingle et incapables d’assurer dans d’autres disciplines que le sprint. Bonnet d’âne, donc. Vient aujourd’hui “La Liberación” qui, à défaut d’apporter la délivrance promise dans son titre, affranchit tout de même le groupe de certains carcans lourdauds.

L’album s’ouvre sur un refrain MTV suffisamment léger pour rappeler les premières heures de gloire, tandis que Hits Me Like a Rock parvient ensuite à donner le change avec sa rythmique paresseuse, entre synth-pop de piscine et syncope reggae. Le ton est donné : anecdotique mais vaguement séduisant. Dans le même ordre d’idée, Echo of Love est un régal de frivolité qui se dégustera d’autant mieux, en ce bref retour du beau temps, avec un cocktail orné d’un petit parasol en papier.

Ailleurs, cependant, CSS n’est pas toujours capable de la même sveltesse, et malgré son fond cuivré typiquement sud-américain, City Grrrl n’échappe malheureusement pas à la david-ghettoïsation de la pop contemporaine. Plus globalement, une majorité de morceaux, à l’image de You Could Have It All ou Ruby Eyes, se rapprochent davantage de ce pop-rock dansant qui fait le beurre des samplers Inrocks, irrésistible dans les soirées hipster mais singulièrement insignifiant passées les dix minutes de politesse. La deuxième moitié de l’album est ainsi prodigieusement rasoir, et même le faussement pétaradant Fuck Everything envisage l’esprit riot grrrl de façon définitivement trop gentillette.

Seule la plage titulaire, au mitan du disque, possède une énergie authentique. Aussi pauvre en sucre qu’enrichie en hargne rock, c’est également le seul titre chanté dans le portugais natal par une Lovefoxx enfin émancipée et ses consœurs en renfort massif. Il y a vraisemblablement une leçon à tirer. À supposer, en effet, que les Brésiliennes – dont un homme – viennent à privilégier dorénavant ce format, on pourrait éventuellement envisager de leur trouver encore un quelconque intérêt dans l’avenir.

Article écrit par Laurent

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