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Class Actress - Rapprocher

mardi 18 octobre 2011, par Laurent

Balises


Alors que dEUS chante actuellement “Keep You Close” sur les podia européens, Class Actress cherche à son tour à nous “Rapprocher”. Avec, pour être clair, des arguments radicalement différents, puisque la sensation du jour surfe allègrement sur la vague du revivalisme synth-pop. Posons dès lors la question : lorsque le dernier pan d’écume sera venu lécher le sable, que restera-t-il de cette nostalgie des années 80 mi-glauques mi-glamours ? Au final, on n’aura jamais tant apprécié ce mimétisme sur la longueur que lorsqu’il met le plaisir au centre des débats. Et les disques vers lesquels on risque de revenir encore longtemps avec le même enthousiasme sont signés Robyn ou Ladyhawke, quand on ne goûte déjà plus que modérément aux Soft Metals et autres Chew Lips.

Autre positionnement philosophique : faut-il critiquer une œuvre d’art pour les sensations qu’elle est à même procurer dans le cadre d’une expérience quasi-immédiate, ou prospecter quant à sa postérité ? Avec le temps, il me semble de plus en plus envisager mes critères esthétiques dans cette dernière perspective. Mais alors, chroniquer l’album de Class Actress pourrait s’apparenter à une pure et simple perte de temps. Rien, en effet, ne permet de penser que l’on consomme ici un produit non périssable. Tout a déjà entendu, depuis les synthés vintage – maniés avec beaucoup de savoir-faire au demeurant – jusqu’aux basses post-punk jouées comme des cordes à linge, en passant par la voix splendide d’Elizabeth Harper.

Quand le trio quitte sa zone de confort électro-pop pour regarder vers certaines zones d’ombre new wave (Bienvenue, Prove Me Wrong), il rappelle avec bonheur les délicieux Chairlift et confirme que ces derniers nous manquent. Mais en dépit de ces rares détours, Class Actress suit une route toute tracée, assurément plaisante mais définitivement trop balisée par sa panoplie du parfait hipster de Brooklyn. La puce à l’oreille, au départ, c’était ce Keep You judicieusement placé en ouverture. Single parfait, comme cette catégorie d’artistes devrait peut-être se contenter d’en faire à défaut de pouvoir multiplier ses attraits. Car comme chez bon nombre de one-hit wonders, les titres qui suivent ressemblent souvent à des ersatz du tube providentiel.

Alors, perd-on son temps à défendre ce qu’il y a à défendre chez ces sympathiques artisans du Casio revisité sur Protools ? À vous de me dire si la lecture de ces quelques lignes a saboté votre agenda... Si toutefois l’un ou l’autre des noms précités vous a un tant soit peu titillé(e), sachez en tout cas que vous risquez bien de retrouver chez Class Actress ce qui vous a plu ailleurs. Difficile sans doute d’y trouver matière à une demi-heure d’extase, mais l’écoute répétée de Keep You ou All the Saints devrait contribuer à embellir votre journée. Par contre, à moins d’avoir oublié une casserole sur le feu ou d’entendre des bruits dans le hall, vous n’avez aucune bonne raison de vous lever la nuit.

Article écrit par Laurent

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