Accueil > Critiques > 2012

River Whyless - A Stone, A Leaf, An Unfoud Door

vendredi 2 mars 2012, par marc

Personnalisé


Une musique a beau s’adresser à plein de personnes, c’est toujours en tant qu’individu qu’on la reçoit. Et dans certains cas, la chance nous sourit et on se dit que peut-être, elle a été faite pour nous. Le peu d’échos reçu jusqu’à présent par le quatuor de Boone, NY renforce encore ce sentiment d’exclusivité. Mais si je n’aimais pas partager ce qui nous fait chavirer, je n’écrirais pas de critiques.

Le goût du folk orchestral a déjà été signalé à de nombreuses reprises (Loch Lomond, The Tree Ring, Fionn Regan) et quand c’est impeccable comme ici, je suis une petite victime toute désignée. Le premier morceau est déjà bien complet, avec une montée prometteuse, un dosage bien balancé. Parce que ce groupe est à une lisière, avec d’un côté des tendances pastorales (on pense à Fleet Foxes parfois) et de l’autre, des élans instrumentaux prenants et denses comme peuvent en proposer des formations comme Balmorhea. Pour tout dire, je n’ai plus eu la sensation d’une réussite pareille dans le genre depuis le premier album de My Latest Novel.

Bien évidemment, pour que le mélange prenne forme, il est préférable de prendre cet album comme un tout, surtout qu’un Cedar Dream est proposé en plusieurs parties, de la plus sèche acoustique à la flamboyance. Mais ils arrivent aussi à faire rentrer tout leur savoir faire sur un seul morceau. Stone commence comme du Fleet Foxes mais ne tarde pas à évoluer vers de très élégantes digressions instrumentales. Ce sont elles qui font aussi le sel de cette découverte.

L’intensité est bien présente, grâce au violon bien évidemment, mais la batterie peut apporter sa touche de force à Pigeon Feathers. Ce ne sont pas des déboulés démonstratifs, mais un efficace surlignage. Quoique Windows Walk soit bien dense

Cet album s’adresse donc à la minorité du lectorat qui aura succombé aux quelques références mentionnées. En tant que cœur de cible, j’ai fatalement craqué pour ce groupe, sans trop de surprise mais avec délectation. De l’intensité, de la classe, quelques morceaux vraiment marquants, que demande le peuple ? Pas grand’ chose d’autre il faut bien le dire, tant cet album est séduisant. Il plaira en priorité à ceux qui n’hésitent pas à prendre leur temps, à laisser infuser un album dans son entièreté.

http://riverwhyless.bandcamp.com/album/a-stone-a-leaf-an-unfound-door

    Article Ecrit par marc

Répondre à cet article

4 Messages

  • Stella Burns - Long Walks in the Dark

    L’influence culturelle des Etats-Unis est telle que même les plus endémiques de ses expressions sont reprises partout dans le monde. Le cas de l’Americana est assez typique, on en retrouve des partisans tout autour du globe et c’est d’Italie que provient celui-ci, nommé Gianluca Maria Sorace mais officiant sous le nom de Stella Burns.
    Sa voix est belle et claire et reçoit aussi le renfort de Mick (...)

  • Harp - Albion

    Si le nom de Harp n’a jamais été évoqué ici, on connait bien l’instigateur de ce projet qui n’est autre que Tim Smith. Lui qui fut jusqu’au sublime The Courage of Others chanteur de Midlake a en effet quitté le groupe de Denton, Texas depuis belle lurette pour se lancer sur un autre chemin, accompagné de son épouse.
    Cette division cellulaire est un peu semblable à celle de Menomena qui a continué sa (...)

  • Séance de rattrapage #121 - Carmen Sea, Chris Garneau, Chistine (...)

    Carmen Sea – Sorry (EP)
    Parmi les inspirations étranges, le quatuor parisien Carmen Sea en a une qui détonne. Cet EP est en effet basé sur un accident routier qu’ils ont subi un soir de retour de concert. Ils s’en sont sortis indemnes et avec une énergie qui les a poussés à relater tout ça sur cet EP. Enfin, quand on dit ‘relater’ tout est relatif parce que la musique est essentiellement instrumentale. (...)

  • The Rural Alberta Advantage – The Rise and The Fall

    En caricaturant, on avait défini le style de Rural Alberta Advantage avec une voix éraillée et une batterie fièrement en avant. Et on a tout ça ici, d’emblée. On se retrouve d’autant plus en terrain connu que les 6 premiers morceaux sont ceux de The Rise EP paru l’an passé. Ce qu’on en a dit tient toujours bien évidemment.
    Mais il y a encore quelques morceaux saignants comme Plague Dogs. C’est (...)