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Gravenhurst - The Ghost In Daylight

mardi 22 mai 2012, par Marc

Syndrome trois étoiles


On peut attendre des années les groupes qu’on aime. On peut même carrément oublier qu’on les attend. Et puis un beau jour ils sonnent à votre porte, et vous remplissent de joie, comme ces colis commandés il y a longtemps et qu’on n’attendait pas. Cinq ans séparent Western Lands de The Ghost In Daylight, mais on n’avait pas oublié le groupe de Nick Talbot.

Ces retrouvailles commencent de façon très acoustique, un des deux versants de la personnalité du groupe. Circadian, pourra même rappeler le classicisme absolu de Nick Drake. Le milieu de The Prize marque le glissement, mais avec des violons. Et puis les guitares déboulent, ça y est, l’album est sur orbite et nous le suivons ; Les guitares se délient dans un cocon de violon, on est en apesanteur, c’est Gravenhurst à son meilleur, en puissance subtile. On aura intérêt à profiter de ce sommet, parce qu’on n’y reviendra plus vraiment plus tard dans l’album.

Lors des premières écoutes, difficile de réfréner l’envie de déflagrations, de ne pas guetter au coin de chaque note de guitare la fêlure, la fissure par laquelle la rage contenue dans des morceaux trop jolis pourra s’épancher. On les a rencontrés en chemin vers ces Cities Beneath The Seas, un peu moins par la suite, mais le souvenir de feu et de glace ne s’est pas atténué, même sept ans après la sortie de l’album. C’est peut-être cette habitude jamais perdue de ceux qui attendent sur le perron les disparus à la guerre. En moins morbide, je vous l’accorde.

Pourtant, il faudra perdre cette attente pour pleinement profiter des bonnes choses de cet album, qui peut avec subtilité relever la guitare et la voix d’un tapis sonore tout simplement parfait. Fitzrovia peut dont s’étirer sur plus de 8 minutes sans dommage. Parfois aussi, c’est tout simplement joli, toujours digne, jamais mièvre. Et il est suffisamment doué pour se permettre des instrumentaux à la guitare sèche (Peacock). Mais rien à faire, on sait qu’il y a de la réserve, qu’on pourrait avoir droit à plus de ce sociétaire de Warp. On l’a dit, on n’attendait même plus d’album de Gravenhurst, comme ces formations adorées puis disparues (Snowden, quelqu’un ?). C’est un bon album parce qu’il reste remarquablement écrit et interprété, mais il faut dire que même pour cette année, ce n’est pas un jalon. On va commencer à parler de ‘syndrome trois étoiles’. Comme souvent dans ces cas-là, c’est le meilleur morceau qui donne le plus de regrets, qui nous rappelle le plus de souvenirs émus de ce qui nous manque un peu dans le reste, joli mais trop convenu.

Article écrit par Marc

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