Accueil > Musique > Concerts > Fanfarlo, Isbells, Dan San, Botanique, 15/05/2012

Fanfarlo, Isbells, Dan San, Botanique, 15/05/2012

mercredi 16 mai 2012, par Marc

La nuit des étoiles


Même si j’ai souligné l’importance relative des cotes étoilées, retrouver sur la même affiche trois formations qui ont été gratifiées de quatre étoiles pour leur dernier album est une belle promesse.

Pour préserver l’influx nerveux et l’attention, on avait prévu de passer outre la toute première partie. Mais bon, on était là, il faisait froid, et on y est allés. On n’était pas nombreux pourtant au moment où commence le set de Philco Fiction, et ce devait être un peu déprimant pour le trio norvégien. Emmené par la jolie Turid Solberg, ils font dans une electro-pop un peu racée, parfois frappée d’eightite, dominée par une voix qui pourrait être celle de Kristin Dreijer (The Knife, Fever Ray, elle a le même accent en tout cas) si elle ne se planquait pas derrière tant d’effet. Les chorés sont assez peu fascinantes, mais on pourrait reparler de leur premier album qui sort en juillet. On verra.

On attendait évidemment plus des Liégeois de Dan San. Et on a eu bien plus en effet. Le désormais sextette a en tout cas pas mal d’arguments à faire valoir en concert. D’abord les bons morceaux de leur album Domino dont on vous a déjà dit du bien. Et puis la présence d’un violon et d’un piano est bienvenue. Comme ils ont pas mal joué ces derniers temps, tout est en place. On pense à la force tranquille de Midlake pour les harmonies vocales bien sur, mais leurs digressions musicales ne font pas dans le solo de guitare, mais dans l’ampleur orchestrée. The End Of The Day Part II est vraiment très fort, et la sélection de ces 40 minutes ne présente aucune faiblesse. Presque tous les titres sont tirés de leur dernier album, à part le survivant Pillow, le morceau qui nous les avaient révélés. On les reverra, c’est certain, et comme ils bonifient à chaque fois qu’on les revoit...

Le dernier album d’Isbells est subtil, léger et inspiré. On pourrait donc craindre pour la version en direct live. Il n’en est rien. Le chanteur a une voix magnifique, les chœurs féminins sont tout aussi en place, et toutes les finesses de leur son sont là, impeccablement exécutées. Mais dans cette perfection, la moindre minuscule contrariété est visible. Le guitariste (il me semble qu’il est aussi leader des très bons Marble Sounds) qui accorde longuement et le son qui s’échappe, et puis aussi la sensation qu’on en profiterait mieux dans une salle assise. A part ces ronchonneries, il en faut un talent immense pour reproduire aussi intensément les magnifiques Elation ou Illusions. C’est aussi un bon moment pour rappeler que ce chapiteau est parfaitement sonorisé.

Il faut arrêter de parler d’Arcade Fire pour Fanfarlo. Le quintette a prouvé avec Rooms Filled With Light qu’ils avaient tourné la page, que leur son est plus direct, plus sautillant, plus proche de groupes comme Talking Heads. Sur scène, j’étais curieux de voir à quoi ça pouvait ressembler, leur album m’ayant sérieusement tapé dans l’oreille. Ce ne sera pas un tourbillon d’émotion, parce que ce n’est pas ça qu’ils visent, mais c’est une sacrée machine qui ne s’arrête pas une fois lancé. J’ai pensé souvent à un autre groupe cher, Efterklang, pour cette liberté, pour cette force de faux glandeurs. Et puis les morceaux s’enchainent sans pitié, et les morceaux de Reservoir sont passés à leur moulinette plus chargée en rythmique. Ce qui convient un peu à Luna, mais bien plus à Harold Wilkins or How To Wait A Very Long Time ou Ghosts (je pense que c’était le morceau final, ou bien c’était Comets). L’impression d’uniformité ne vient même pas, et l’heure et demi de ce set est passée comme dans un songe, grâce à l’abattage des 5 membres (dont une violoniste qui a visiblement vécu longtemps chez nous) et un répertoire dont on est curieux de connaitre le développement.

Cette soirée se présentait comme un festival dans le festival de par l’abondance de promesses. Les trois groupes qui ont sorti de bons albums savent les défendre sur scène. C’est parfois très simple la musique.

[Philco Fiction]

[Dan San]

[Dan San]

[Isbells]

[Isbells]

[Fanfarlo]

[Fanfarlo]

[Fanfarlo]

[Fanfarlo]

[Fanfarlo]

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • Okkervil River + Jawhar, PIAS, 29/03/2018

    Ca faisait un peu de temps qu’on n’avait plus parlé de concerts ici. D’autant plus que le temps avait manqué pour relater les deux derniers déplacements. L’endroit du soir est nouveau puisqu’on découvre le siège de PIAS, qui abrite aussi un très bel assortiment de vinyles et une salle de concert intime et accueillante.
    Le programme était pour nous un ’double bill’, ce genre de proposition qui associe deux artistes qui nous sont chers. Ajoutez à ça l’autorisation de prendre des images et quelques amis et (...)

  • Albin de la Simone, Nuits botanique, 11/05/2017

    Le plaisir de la découverte fait évidemment partie de ce qu’on aime en concert mais on ne boudera jamais une valeur sûre. Jamais on n’a été déçus par Albin de la Simone et il va garder son brevet d’invincibilité.
    Ce jeudi lance donc les Nuits Botanique et comme tous les ans, une belle programmation, une bonne ambiance et sans doute une météo mitigée.
    Cette bonne ambiance nous a fait rater le début de la prestation de Mathias Bressant . On ne peut pas dire que les regrets sont immenses. Sa prestation (...)

  • The Dears, Plants and Animals, Botanique, 21/02/2017

    D’habitude, les compte-rendus de concert sont écrits avant que les photos ne soient disponibles. Cette fois-ci pourtant, il n’y en aura pas. Pour la première fois en dix ans et après une centaine de concerts (à vue de nez), mon ami l’appareil photo n’a pas été autorisé à entrer avec moi...
    Mais bon, on était là pour écouter de la musique surtout et on n’a pas été déçus de ce côté-là. L’affiche du jour était en fait double, et d’une certaine cohérence. Plants and Animals et The Dears partagent certes la même (...)

  • Jeanne Cherhal, Théâtre 140, 20/01/2017

    Il est bon de temps en temps de revoir en concert ceux qui nous enchantent sur disque. Et le dernier Jeanne Cherhal avait confirmé ses bonnes dispositions. Sa très longue tournée maintenant clôturée passant par notre capitale, il était plus que tentant de reprendre contact avec le Théâtre 140.
    La formule piano-voix ne permet pas d’approximations, et quand le talent le permet, c’est souvent un grand moment que peuvent nous offrir Frida Hyvonen, Moonface, Alina Orlova, Soap&Skin ou Pierre (...)