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Piers Faccini, Nuits Botanique, 17/05/2012

lundi 21 mai 2012, par Marc

Maitrise de la lenteur


Cette année, les Nuits Botanique ne furent pas spécialement copieuses. Dans la quantité du moins, parce que je n’ai pas été déçu par mes déplacements. Même dans une salle qu’on fréquente comme le Botanique, il existe des recoins qu’on n’avait pas encore vus (du moins, pas pour des concerts). C’est donc avec curiosité qu’on s’assied dans la salle du Musée, plus intime par les places assises, mais finalement pas trop adaptée pour les concerts, beaucoup de places étant assez ingrates (ce qui n’est jamais le cas pour la Rotonde).

C’est l’Anglaise Lail Arad qui assure la première partie. Et, très vite, sa bonne humeur se communique. Son anglais limpide nous aide à la suivre dans ses chansons qui la voient jeter un regard amusé sur les choses. D’ailleurs, quand elle va emprunter un morceau à Bob Dylan, c’est vers le moins connu (il n’existe que sur sa copieuse collection de bootlegs) et assez comique If You Gotta Go go Now que son choix se porte. Toute seule comme une grande, à la guitare ou au piano (on pense alors à Regina Spektor), on la suit donc. Et quand elle revient pour un rappel visiblement pas prévu, elle ne s’accompagnera que de ses mains, avec un bel aplomb et de façon toujours pétillante.

Quand après avoir accordé ses instruments, Piers Faccini revient sur scène avec quelques cloches, on ne peut plus parler de pétillance. Mais quand il ouvre la bouche, et entonne a cappella une chanson belle comme elles le sont toujours avec lui, le silence se fait, respectueux, comme celui qu’inspirent les vrais talents qui n’ont pas besoin d’artifices. Les albums de Piers Faccini mettent en évidence la finesse de la composition et la délicatesse des arrangements, un environnement minimaliste ne devrait donc pas lui faire peur. Accompagné d’une seule jeune et talentueuse violoncelliste, on remarque à quel point sa voix chaude est un atout indéniable.

L’austérité de l’entrée en matière volera vite en éclats, parce que ses courtes interventions dans un très bon français (il a vécu en France) sont souriantes et détendues. Avoir une mère italienne aide sans doute aussi pour varier son répertoire, en incluant une très belle sérénade. Pour le reste, il emprunte les morceaux les plus calmes de ses deux derniers albums. Ça tombe bien, ils nous avaient vraiment plu (voir ici et ici). Bon, on n’apprécie toujours pas de devoir frapper dans les mains ou faire des chœurs, mais ce n’est vraiment pas le moment d’être bougon. Surtout quand on entend Storm Is Gonna Come, Two Grains Of Sand ou The Beggar And The Thief (délicieuse ambiance orientale).

Quand Spain confond lenteur et mollesse et quand Gravenhurst ne passe plus qu’occasionnellement la seconde (article en cours), Piers Faccini confirme son talent de chanteur et de guitariste. Il est toujours touchant de voir quel bonheur peuvent procurer des titres tant entendus quand ils sont interprétés avec tant de finesse et de justesse. On ne le répètera jamais assez, il est sans doute un des talents les plus scandaleusement sous-estimés.

Pour la petite partie que j’en ai vu, c’étaient donc de très bonnes Nuits Botanique.

Il n’était pas trop facile de prendre des images avec aussi peu de lumière, mais je vous en ai sauvé quelques unes. La série complète est ici

Article écrit par Marc

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