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Exitmusic - Passage

vendredi 22 juin 2012, par Marc

Dense mélange


On a besoin de bonnes histoires. Celle d’Aleska Palladino et de Devon Church en est une en tout cas. Rencontrés dans un bus alors qu’ils se voyageaient au Canada, ils se sont trouvés, perdus, retrouvés, puis mariés. Elle est aussi connue pour être actrice, notamment dans la série Broadwalk Empire. Ensemble en tout cas, ils partagent plein de choses, et leur nom de groupe, claire référence à Radiohead, est aussi issu d’un gout commun.

Pourtant, alors que faire de la musique est pour certaines actrices un passe-temps trop médiatisé, le son sombre et dense d’Exitmusic en fait une des choses à suivre du moment. Dès les premières écoutes, il est manifeste que tout ou presque est apprécié, mais que replacer cet album dans son contexte est à la fois très prometteur et assez compliqué. Prometteur parce qu’il est manifeste que le mélange pratiqué est assez typique de l’époque, prend bonne mesure de l’air du temps. Compliqué parce qu’il reste difficile de décrire un son.

Alors, je vais faire appel à des rapprochements. Si vous aimez la mélancolie dense des Antlers, Passage a toutes les chances de vous plaire. Vous profiterez de cet excellent morceau, où l’émotion arrive à déchirer le voile de son travaillé. La voix est un peu grave, rappelant aussi celle de Zola Jesus, ou de The Knife, un peu trop affectée quand elle est laissée plus seule sur The City, elle tient le coup pendant les déflagrations telluriques qui font basculer l’équilibre. Ces explosions se retrouvent d’ailleurs, en plus placides sur The Night ou Stars et sont une des plus évidentes sources d’intérêt de l’album. Le morceau final est à ce point exemplaire d’euphorie.

Je préfère ces variations de climat d’ailleurs, aux passages plus calmes qui doivent beaucoup au shoegaze (The Wanting) ou évoquent un Sigur Ros qui ne s’adresserait pas qu’à leur dévouée niche post-rock. Mais ils n’oublient pas non plus une certaine évidence pop dans les mélodies, lorgnant alors vers des années ’80 débarrassées de leurs tics de son (The Modern Age). Pourquoi Exitmusic et pas d’autres tripoteurs ? Sans doute parce qu’il y a une densité vraiment surprenante ici, des éruptions de sons épais et une humanité sous-jacente. Parce que passage arrive à satisfaire à la fois l’envie de nouveauté (relative) et d’émotion.

http://weareexitmusic.com/
http://secretlycanadian.com/artist.... où vous pouvez télécharger un mp3 de The Sea
http://exitmusic.bandcamp.com/

Article écrit par Marc

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