Accueil > Musique > 2012 > Archive - With Us Until You’re Dead

Archive - With Us Until You’re Dead

lundi 24 septembre 2012, par Marc

Motivation retrouvée


Qu’attendre d’un groupe dix ans après son pic de forme ? C’est la question légitime qu’on se pose chaque fois qu’une sortie d’Archive se profile. Et, souvent, on les retrouve avec un plaisir non feint teinté de l’indifférence que nous inspire une attente modérée. Après les deux Controlling Crowds et une tournée symphonique, on pensait à un calme retour aux affaires. Cette tournée avait d’ailleurs mis à jour certaines de leurs qualités (une écriture simple et limpide) mais aussi quelques complaisances, et des performances vocales parfois un peu mièvres. Mais peut-être qu’ils devaient aller au fond de ce principe, aller au bout de cette possibilité pour mieux revenir à leurs fondamentaux.

Dès le premier morceau, ils se sentent obligés de pousser de la voix dans ses derniers retranchements pour faire monter la sauce (et montrer leur motivation) et amener un déluge de percussions. On dirait qu’ils essaient de reproduire le mélange réussi de You All Look The Same To Me, et cette sensation durera toute l’écoute, surtout quand un Stick Me In My Heart retrouve un peu d’allant avec plus de beats. On est donc contents qu’ils ne perpétuent pas certaines habitudes qu’on pensait bien établies comme les passages d’un hip-hop daté ou les longues balades minimales façon Moby décoratif.

On retrouve donc avec plaisir un peu de nerf, avec ses corollaires étonnants comme la balade finale Rise qui ne semble pas vouloir se ralentir, ou une accumulation de moyens qui ne porte pas toujours ses fruits. Twisting mêle donc un chant plus expressif, une rythmique bien présente et des violons, ce qui témoigne de leur motivation retrouvée.

Pour le reste, on constatera avec plaisir que Hatchet prend vraiment de l’ampleur, notamment grâce à une vraie pulsation et un chant féminin au cordeau, alors que par le passé ils avaient souvent fait appel à des collaboratrices qui avaient de jolies voix peu évocatrices. Leurs mélodies sont encore une fois simples et directes. Stick Me In My Heart va donc droit au but avant de déterrer leur ancienne boite à rythme, puis de piquer celle d’Underworld (autres gloires de l’époque) sur le prolongement Conflict. Mais ils ne s’arrêtent pas là et terminent en brouillard de violons.

C’est la première fois que je peux parler de bonne surprise pour Archive, donc je ne vais pas me priver de manifester ma satisfaction, et ne pas hésiter que c’est leur meilleure production depuis le second album. Alors, avec eux jusqu’à la mort comme semble le suggérer le titre ? N’exagérons rien, mais les voir tellement en vie fait indéniablement plaisir. Quelle stimulus a pu ainsi faire sortir Archive de sa léthargie ? Difficile à dire, mais l’effet est indéniable et on s’en servirait bien pour en réveiller d’autres. Il ne manquait donc pas grand’ chose à Archive pour reprendre un peu de lustre. Avec eux jusqu’à plus tard donc.

http://www.archiveofficial.com/

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • Déclic Vol 1 : Mutant

    Parfois le contexte d’un album est plus complexe à détailler que le contenu lui-même. Ici, ce sont deux collectifs de Caen, Collectif Toujours et Neuvième Ruche qui ont rassemblé des artistes électroniques (musiciens mais aussi chorégraphes) et ceci est le produit de leur collaboration. Pour l’exhaustivité, citons les noms des artistes impliqués : Nömak, Canblaster, Gauthier Toux, Samba de la Muerte, Philippe Boudot, Morgane Carnet, Nils Peschanski, Neysa Barnett.
    Difficile donc de discerner les (...)

  • Yann Tiersen - 11 5 18 2 5 18

    Il y a plusieurs carrières dans la carrière de Yann Tiersen, ou à tout le moins des périodes, qui s’entrecroisent, reviennent aussi parfois. On ne va pas refaire le parcours à chaque fois mais si on l’a laissé sur des albums au piano et d’inspiration bretonne, on a aussi beaucoup apprécié son approche du post-rock.
    L’origine de cet album remonte à la préparation d’un set pour le festival Berlinois de synthé modulaire Superbooth. Il en a profité pour se plonger dans les pistes de son album récent Kerber de (...)

  • !!! - Let It Be Blue

    Pour un groupe qui semblait se placer dans une mode, !!! (on peut dire tchik-tchik-tchik quand on cause) a une remarquable longévité. Qui plus est, s’ils sont restés fidèles à ce qui fait leur spécificité, un groove irrésistible et la marque de glande internationale de Nick Offer. Ils ont de plus ajouté sur leurs dernières parutions une dose de mélancolie de dancefloor de très bon aloi et on est contents de la retrouver ici. Le ressenti les rend plus intéressants.
    Une oreille distraite aurait sans (...)

  • Plastikman and Chilly Gonzales - Consumed in Key

    Plaquer du piano sur un album électro semble une idée improbable. Mais repousser les limites de l’improbable semble une mission de tous les jours pour Chilly Gonzales. Il a ici jeté son dévolu sur un classique electro de Plastikman (un des prête-noms du génial Richie Hawtin) sorti en 1998 sous la houlette d’un troisième comparse canadien, Tiga.
    Si j’ai usé l’incunable Transitions, acte fondateur minimal, je n’ai jamais plongé plus avant mes explorations du maitre. Une erreur sans doute partiellement (...)