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Alexis HK - Le Dernier Présent

mercredi 3 octobre 2012, par Marc

A l’ancienne


Le clivage gauche/droite n’est pas récent, ni spécialement dépassé d’ailleurs. On trouvera tout de suite de quel côté se place Alexis HK mais ce n’est pas très important au fond, puisque ce n’est pas de la musique militante ou dénonciatrice, mais une forme ancienne d’observation. Ce qui lui permet de ne pas cibler, de ne pas se mettre en scène directement, pouvant ainsi passer de la mélancolie middle class (Fils De) au plus narquois Charité Populaire qui m’a ramené presque au Renaud (son beau-fils Renan Luce est de la partie sur Ignoble) de 1974. Parce que tout de suite, des références plutôt anciennes sont inévitables.

Sans doute que le rapprochement avec Brassens est trop évident sur César, mais il est incontournable. On n’a plus entendu parler de chêne comme ça depuis longtemps en tous cas. Je Reviendrai pourrait être associés aux Regrets d’un Du Bellay du XXIème siècle. Donc on ne fait pas de référence aux séries, aux réseaux sociaux et à l’iphone, à un tel point que ce sont les références au monde de 2012 (une certaine presse à scandale) qui semblent incongrues.

Il faut néanmoins être corrects, et constater avec plaisir que malgré quelques choix de vocabulaires surannés volontaires assez amusants parce qu’utilisés avec parcimonie (qui d’autre utilise ‘nom de nom’ ou ‘bougre’ ?), rien ne sent vraiment la nostalgie là-dedans. De plus, la musique elle-même, feutrée et discrète, est très en place, cohérente, et totalement dénuée d’effets vintage. On entendra donc plus de slide discrète que d’accordéon. Evidemment, l’hexagone a connu des moments plus brillants musicalement cette année (Dominique A ou Barbara Carlotti), mais rien ici ne vient diminuer le plaisir d’écoute de ce côté.

Alors, oui, dénoncer la société du spectacle 35 ans après Guy Debord, railler le droit de cuissage d’alors, c’est complétement décalé, mais on ne sait pas sur quel pied danser. Parce que ces considérations sont trop frontales pour être prises littéralement. Employer au premier degré (supposé) une expression comme ‘grand capital’ est assez impensable de nos jours. J’aime à penser que c’est pour rire en tous cas, et c’est la seule façon de ne pas pouffer.

Le monde a changé, la chanson francophone aussi. Mais ses amateurs ne sont sans doute pas les plus demandeurs de nouveauté. Si vous préférez le charme suranné de la belle ouvrage, des mots comme on n’en fait plus, Alexis HK est peut-être pour vous, et je suis ravi d’avoir fait les présentations. Pour ma part, j’ai été bercé entre le sourire permanent que m’a suscité cet album léger et jamais plombant malgré les thèmes sérieux (très belles première et dernières chansons) et une impression étrange d’anachronisme de quelques références de maintenant dans une chanson d’alors. Si vous êtes prof de français, cet album a plus de chances de vous plaire à vous qu’à vos élèves, soyez avertis.

http://www.alexishk.com/
Lire aussi l’article plus fouillé de Benjamin sur playlistsociety.fr

Article écrit par Marc

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