jeudi 14 février 2013, par

C’est sans doute une impression très personnelle, mais cette année commence calmement. Mais rassurez-vous, il y a encore beaucoup de découvertes à faire, et ce n’est pas demain qu’on va s’éviter la sensation d’être passé à côté de quelque chose. Serafina Steer a déjà sorti deux albums et ce n’est que sur le troisième que mon attention a été captée. Heureusement, Jarvis Cocker a été plus prompt pour défendre la jeune Anglaise, et il en a visiblement amplement fait la promotion. A un tel point qu’on le retrouve à la production et au chœurs de The Removal Man. Au rayon des connivences, elle a participé à l’aventure John Foxx and The Math où on retrouvait également Hannah Peel, autre chanteuse chère à nos cœurs.
Rien à faire, quand on me parle d’une harpiste, je crains un peu le plan aride. Je n’ai jamais pu m’immerger suffisamment dans l’œuvre de Joanna Newsom pour en retirer la substantifique moelle. Si vous êtes dans le cas, pas de problème à prévoir pour Serafina Steer. Quand la voix déboule, on est tout de suite rassurés. Rassurante comme Dido, calme comme Marie Modiano, la voix de Serafina Steer nous veut du bien.
Si l’envie vous prend de tendre l’oreille, la luxuriance de Night Before Mutiny et son violon soyeux est tout à fait remarquable. World Of Love, bien que toujours très fluide, lorgnerait plutôt du côté des artistes ‘à la lisière’ comme Clogs ou My Brightest Diamond. Ce n’est donc pas toujours pop et gentil, puisque la plage titulaire montre un versant plus aride, sans jamais être rêche ou rebutant cependant.
Et puis il y a aussi de la vraie intensité. La mélodie douce et la montée de fièvre de Lady Fortune sont proprement irrésistibles. Donc c’est du folk un peu pop, avec des morceaux discrets de virtuosité dedans. Elle tente même la sortie de gros beats sur Disco Compilation. Comme elle n’en fait pas trop dans le genre, ça passe pour un remix discret. Le petit EP de complément est plus atmosphérique et presque entièrement articulé autour d’un orgue.
Si je n’étais pas exagérément bavard, je me bornerais à conseiller sans réserve cet album à tout qui lit ce site régulièrement, parce que si j’ai aussi vite succombé, il en sera sans doute de même pour vous. Il en faut du talent pour que la virtuosité passe avec autant de douceur et de facilité. C’est en tout cas clairement mon premier coup de cœur de l’année. Dans un monde où une Agnes Obel a pu sortir du landerneau indépendant, on espère que le talent de Serafina lui donnera le succès qu’elle mérite. En attendant, elle rejoint une belle liste de chanteuses préférées et qu’on suivra sans doute aucun.
http://www.serafinasteer.com/
La vidéo de Night Berore Mutiny
On a toujours apprécié les EP complémentaires, en tous cas bien plus que les rééditions augmentées sensées nous faire passer deux fois à la caisse avec du matériel connu. Les 29 minutes de ce Kid’s Table se profilent donc comme le prolongement idéal du Five Dice, All Threes de l’an passé.
Assez logiquement, il pratique la même veine riche et ample qui nous avait plus. A cet égard, la plage (…)
Sur le nom d’Elie Zoé n’a pas encore figuré sur ce site (à l’exception de trois brèves), on peut tout de suite le raccrocher à l’équipe de Coilguns. C’est en effet avec son collaborateur de toujours Louis Jucker qu’il a constitué un studio d’enregistrement pour ce nouvel album et le batteur Luc Hess est également de la partie. Constitué de récupération et situé chez Humus Records, cet (…)
Si les évolutions du style de Marissa Nadler se sont faites par petites touches, elles ont été manifestes au long des dix albums (tous critiqués par nos soins depuis le premier) et continuent. Mais le chemin n’est pas linéaire non plus, cet album ne se plaçant pas dans la lignée directe de son prédécesseur (The Path of The Clouds) tout en ne revenant pas non plus à ce qui a précédé.
Après (…)
Les énervés suisses de Coilguns sont décidément déconcertants. Outre les albums de leur groupe de base qui a pu nous réjouir, ils ont en sus de passionnantes carrières parallèles qui s’éloignent de l’épicentre dans des directions différentes. Encore plus radicales avec Trounce, expérimentale mais plutôt pop avec Louis Jucker, presque folk avec Elie Zoé (on en reparle à la rentrée) et (…)