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Foals - Holy Fire

samedi 16 février 2013, par Marc

Promesse tenue


Le premier album de Foals était tellement urgent, incandescent qu’on a ressenti une secousse plus vécue dans le genre depuis Silent Alarm Ou Echoes. De plus, les concerts étaient tribaux, viscéraux et sautillants. De quoi en faire une vraie valeur sûre. Toutes les fois où on s’est repenchés sur Antidotes, on a replongé. Et il faut l’admettre, on ne s’est jamais repenchés sur Total Life Forever (tout comme je serais incapable de dire combien d’albums Bloc Party a fait en tout). L’attente n’était donc plus vraiment fiévreuse, mais on sait qu’on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise.

Le feu sacré dont parle le titre de l’album, Foals l’avait assurément, et leur évolution est somme toute logique. Cependant, il est étonnant de retrouver une grosse guitare dès Prelude, alors qu’on était plutôt habitués à un pointillisme fiévreux. Ça semble gratuit et vulgaire de prime abord. Et même de second abord, vu qu’ils s’en étaient toujours passé sans que ça ne passe pour de la couardise, mais bon, on le prend comme une volonté de muscler le propos.

Cette distorsion est plus à sa place sur la fin de l’impeccablement psychédélique Inhaler. La puissance occasionnelle est louable, surtout qu’ils n’en usent qu’avec parcimonie. Et puis malgré les apparences, Foals reste un groupe subtil. Providence aurait pu être un morceau purement basique s’il avait été confié à d’autres. Mais ils gardent malgré tout une distance, une relative légèreté. Quand ils mélangent de la pop très éthérée et la fièvre sur le puissant Bad Habbit, on se dit que ce morceau est ce que Bloc Party réussit quelquefois. C’est le morceau yo-yo par excellence, qui réapparait quand on le pensait parti pour de bon. Le final Moon est forcément plus étiré, cet album se conçoit comme un tout, il est donc logique qu’il se clôture calmement. On le voit, les bons moments ne manquent pas, et on sait qu’on a un album solide, sans temps mort, mais qui ose relâcher la vapeur de temps à autre.

On se remémore le cas de Muse et des Killers, groupes adorés quand ils ne faisaient pas encore ce qu’ils avaient pas prévu de faire, et qui maintenant sont devenus des machines gigantesques (et grotesques) que je ne pourrais plus écouter sérieusement. Fort heureusement pour nous, Foals ne suivra pas exactement la même voie, et même s’ils s’adaptent à leur nouvelle ambition, on est prêts à ne pas décrocher. Leur talent maintient une fièvre palpable, ce qu’on respecte par-dessus tout. La promesse est devenue un très grand groupe.

Article écrit par Marc

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