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Pukkelpop 2013, jour 3, 17/08/2013

mardi 20 août 2013, par Marc

Retour en Campine


Quatre ans que je n’avais plus mis un orteil sur cette gigantesque plaine de Campine. Certes, il y eut bien des concerts, quelques bouts de festivals, aussi, mais rien n’approche ce Pukkelpop. Sans doute que tant de souvenirs y sont associés qu’il est difficile de le surpasser. Peu de choses ont changé, en fait. Tout au plus note-on que deux scènes ont échangé leurs emplacements.

Arrivés bien à temps pour sa prestation, on se place devant la Main Stage pour Regina Spektor. Ses albums sont écoutés très souvent mais jamais on n’a eu l’occasion de la voir en vrai. L’attente était grande, la frustration sera proportionnelle. La faute n’en incombe pas à la chanteuse mais à une table de mixage récalcitrante. C’est pourtant toute seule avec un seul micro qu’elle commence ce concert. On pense reconnaitre un vieux standard mais on sait que ce n’est qu’une entrée en matière. Elle se met donc au piano, accompagnée d’un batteur et d’un violoncelliste et The Calculation fait entendre quelques grésillements. Première interruption, puis seconde deux morceaux plus tard (un All The Rowboats pourtant bien exécuté), puis une pause indéterminée sur le pourtant fabuleux Blue. Le son au minimum pour ne pas vriller les oreilles, la balance approximative, quelques Français à taper derrière, la frustration fait place à un peu d’irritation. On s’éloigne donc et on est au fond de la plaine quand elle revient pour trois morceaux, sans problèmes techniques. On espère donc que la chance de revoir l’Américaine d’origine russe se représentera, le plus tôt sera le mieux.

Le programme un peu léger de ce début d’après-midi nous fait flâner, et on en profite pour faire le traditionnel détour par The Shelter, la scène de rock plus ‘dur’ qu’on ne fréquente pas trop. C’est Your Demise qui l’occupe avec beaucoup d’allant. On entend trois morceaux avec le sourire et on s’en va.

On n’entendra qu’un morceau de Jagwar Ma dans un Castello trop chaud. L’album était prometteur par moments et la scène devait permettre de trancher. Voilà, le psychédélisme dansant de la formation de Sydney est taillée pour la transe, ne les ratez pas si l’occasion se présente.

C’est de loin qu’on entend Alabama Shakes se tordre les amygdales. La chanteuse a une voix puissante à souhait, qui se marie bien à ce mélange de soul et de garage. On regarde son téléphone. Ouf, on est bien restés en 2013.

On n’est par contre pas restés trop longtemps devant la prestation de Triggerfinger. Le groupe très populaire en Flandre est un peu bruyant pour nos attentes du moment, même s’ils semblent bien à l’aise dans leur intensité.

On attendait donc un second souffle, ou plus précisément un réel démarrage. Dans ce cas, on peut compter sur les bonnes vieilles connaissances de  !!! Comme toujours, le chanteur Nic Offer n’est toujours pas un grand vocaliste mais rien à faire, dans son caleçon américain, il assure le spectacle. Danse improbable, pelle spectaculaire sur un bac de retour, longue incursion dans le public, il aura tout fait pour retenir avec succès notre attention. Le groupe est très au point, groove sans coup férir de l’attaque de Get That Rythm Right (du dernier album) et Must Be The Moon. Voir cette machine à danser en action nous lance définitivement.

On monte logiquement d’un cran en allant revoir Foals. Il est loin le temps où on les avait vus trois fois l’après-midi la même année, celle de leur parfait premier album. Ils ont pris de la bouteille, de la puissance et aussi de la subtilité. La grande scène est la seule à leur mesure. Ils n’évitent même pas les longues montées de Spanish Sahara et les titres les plus sautillants de leur dernier album. Il est toujours bon de voir un groupe ainsi gagner en maturité sans perdre de l’intérêt. Certes, on pourra regretter l’incandescence du permier album mais la fougue n’est pas perdue. On n’entendra d’ailleurs aucun morceau d’Antidotes, le One Step/Twice étant livré quand on est partis.

Parce qu’on voulait rerevoir Natasha Kahn. La troisième prestation de Bat For Lashes sur notre sol ne sera donc pas la première déception. Malgré quelques problèmes techniques sur la scène (décidément), elle déroule une beau panel de son impeccable discographie. On a donc toujours très tôt What’s A Girl To Do ?, le désormais classique Laura et un final tonitruant qui enchaine The Haunted Man et Daniel. Parfois un peu froide sur album, la musique de Bat For Lashes se réchauffe singulièrement sur scène, grâce à la voix, à la justesse des arrangements, et à son parfait sourire. Il y a des gens qui passent sur scène parce qu’il faut bien, et puis ceux qui semble y être pleinement heureux. Vous avez compris à quelle catégorie émarge Natasha

Les organisateurs le savent, il n’y a rien de tel qu’une valeur sûre pour rameuter les gens près de la grande scène. Franz Ferdinand a eu son lot de tubes, et un nouvel album imminent. L’occasion donc de les revoir, bien affûtés. Quand on a dans son escarcelle This Fire ou Take Me Out, on sait qu’on peut faire sautiller plusieurs hectares de Campine.

Plus étrange est la position sur l’affiche de HAIM. Les trois Californiennes (plus un batteur) n’ont en effet pas encore sorti d’album. Mais la rumeur de leurs prestations les précède. Avec raison d’ailleurs. Oui, on a tous les clichés de la chanteuse à la voix rauque et à la Gibson SB, le mini-short de la guitariste et les grimaces impayables de la bassiste (pensez à Kiss sans maquillage – et 50 ans de moins, aussi…). Oui, il y a quelques tubes potentiels là-dedans, mais bon, on attendra l’album pour se prononcer. Voilà en tout cas des demoiselles qui n’ont pas peur de la scène.

Parce qu’elle semble couvée en chambre, la musique de The XX ne semble pas destinée à une grande scène. Ne les ayant jamais vus (pas comme d’autres veinards sur la balle), je ne peux pas juger de leur progression. Ce qui est certain, c’est que malgré la très grande simplicité de leur son, le trio tient le choc du grand public. Certes, ils ont dû un peu muscler les basses (il n’y a pas de batteur, étrangement), mais les voix semblent toujours aussi intimes (celles du chanteur est une vraie révélation) malgré la foule. Sussurer des complaintes cold à des milliers de personnes à la fois, c’est l’insensée gageure réussie par les Londoniens.

Il commence à être tard, mais une des raisons de notre venue doit encore se produire. On avait appris en même temps que la sortie prochaine de leur album Antiphon que le chanteur de Midlake s’était fait la malle il y a plusieurs mois. Malgré quelques cris de fans (le fan crie, c’est son métier), on n’était pas trop inquiets, parce que même vocalement, la force des Texans est collective. Nous en avons encore eu la démonstration au cours d’un set qui a revisité le backcatalogue (My Young Bride, Roscoe et Head Home, Rulers, Ruling All Things) et présenté de nouveaux morceaux, dont Antiphon qu’on connaissait déjà. Ce sera donc puissant et fort et on ne ressent aucun manque. La force de frappe est soufflante, comme toujours. Ils repassent bientôt à la Rotonde, donc dans une salle parfaite, sans types en bout de course autour. On y sera bien évidemment.

Même si on n’envisage plus de le faire dans son entièreté, le Pukkelpop reste le festival le plus proche de nos goûts, et est un détour qu’on aime faire encore et encore.

Article écrit par Marc

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