Accueil > Critiques > 2013

The Feather - Invisible

lundi 2 décembre 2013, par Marc


Inutile de préserver ses effets et lâcher l’information en cours de route, The Feather est le projet solo de Thomas Médard, a.k.a. le-chanteur-de-Dan-San-avec-plein-de-cheveux. Mais contrairement à Pale Grey, autre projet parallèle d’un membre de la formation liégeoise, ce groupe-ci suit de près la ligne de la formation de base. Autrement dit, on retrouve ce folk aérien et ciselé. La différence, c’est que l’ampleur, les chorus intenses, la volonté de puissance (qui lorgnait parfois du côté de groupes comme Midlake) se retrouvent bien moins ici, remplacées par une délicatesse de bon aloi, une facilité pop plus légère.

D’un casting plus réduit on aurait pu attendre un résultat plus simple, plus acoustique. Il n’en est rien. C’est donc très ample comme sur la très bonne plage titulaire. Et le mid-tempo Around qui s’articule autour d’un piano se termine dans un dense et envoutant entrelacs de cordes, tout comme Invisible. Et puis il y a des harmonies vocales, partout, tout le temps, mais sans le côté pastoral d’un Fleet Foxes. Sur ce même label Jaune Orange décidément bien inspiré, on pense aussi à ce que nous a sorti Gaëtan Streel l’an passé.

Cette musique est en tous cas impeccablement dans son époque, reposant sur d’agréables harmonies vocales. Si vous êtes ravis que des formations comme Fleet Foxes ou Grizzly Bear reviennent sur le devant de la scène, voici un album pour vous. Ne nous méprenez pas cependant, on ne retrouve pas la singularité des deux groupes américains. Comme chez Dan San aussi (ou d’autres comme Wooden Wolf), on apprécie que cet album ne sonne pas comme une tentative européenne d’accrocher un wagon indé, mais une relecture d’ici d’une matière outre-Atlantique de façon complètement autonome et crédible.

On devine que Thomas participe activement à l’écriture et à la composition de Dan San. The Sunshine aurait pu se trouver sur le premier EP par exemple. Donc pour ceux qui voudraient un supplément au toujours recommandé Domino, voici une déclinaison plus légère. Moins frontalement puissant et plus subtil et ciselé, ce premier album de The Feather est une réussite en tous cas.

http://jauneorange.be/bandfr/36

    Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • The Imaginary Suitcase - Alone, we go faster. Together, we go further (...)

    Dix ans déjà et maintenant dix critiques de notre côté (on se place tout de même comme exégètes officieux), c’est le temps de la célébration. Pour fêter ça, ce n’est pas vraiment le genre de la maison de sortir une best-of pour les fêtes. Par contre, profiter de l’occasion pour retrouver des collaborateurs qui l’ont accompagné, c’est bien plus le genre de Laurent Leemans. Regarder dans le rétroviseur pour (...)

  • Sïan Able - Veni Vidi Sensi

    D’accord, un premier EP qui plait, c’est un bon début mais confirmer avec un bon premier album, c’est l’étape cruciale d’une carrière. Donc Sïan Able (anagramme de son vrai nom Anaïs Elba) passe la vitesse supérieure et son talent ne se dilue pas dans la taille d’un album.
    On l’a déjà dit, les styles plus soul ne sont pas nécessairement ceux qu’on goûte le plus. Pourtant on l’avait tout de suite adoptée, (...)

  • Van Den Bear - No Plan Survives First Contact (EP)

    On n’a pas deux fois l’occasion de faire une première impression. Fort de ce poncif, le Bruxellois Antoine Van den Berg entame son troisième EP avec fracas, comme une version (forcément) soft d’A Place To Bury Strangers, déflagrations comprises. La voix est clairement l’argument principal mais ce n’est fort heureusement pas le seul. On peut donc convoquer sans honte des références au bel organe parce (...)

  • Auguste Lécrivain - Noir Quart D’Heure

    Sans qu’on sache trop pourquoi ni comment, les artistes francophones deviennent plus nombreux en ces colonnes. Et logiquement, la diversité est au rendez-vous. Si on vous a parlé de ceux qui brouillent les frontières et les genres, ce jeune artiste belge se situe dans un versant résolument traditionnel. Mais n’allez pas en déduire que c’est daté, le son et les influences un peu bossa viennent (...)

  • JJH Potter - Low tide

    Encore un artiste folk hexagonal et encore un détour qu’il est bon de faire. Ce premier album est publié par #14 records, le refuge du génial The Wooden Wolf, ce qui est évidemment ce qui a attiré notre attention. Une fois attirée, cette attention a été captée par cette voix claire et la limpidité revigorante des morceaux, hantés mais pas trop.
    L’accord des voix sur Lonely Star pourrait être une version (...)

  • Pollyanna - Man Time (EP)

    Elle est bien vivante, la scène folk française et on en veut pour preuve cette découverte de la Lilloise Isabelle Casier sous le nom de Pollyanna. C’est d’autant plus réussi que l’origine hexagonale est indétectable. Et comme souvent, on déborde du cadre du folk traditionnel et c’est bienvenu.
    On remarque tout de suite cette voix claire qui suit tous les traitements musicaux. Parce que de folk, il (...)

  • Will Sheff - Nothing Special

    On peut toujours se demander ce qui pousse des artistes a priori seuls maitres à bord de leur formation à vouloir se lancer dans l’exercice solo. On sait depuis toujours qu’Okkervil River, c’est Will Sheff et les musiciens avec qui il a envie de travailler. Lui qui avait annoncé Okkervil River R.I.P. sur l’album Away (qui du reste n’est pas le dernier) semble maintenant faire de cette déclaration une (...)

  • June Road - Landscapes (EP)

    Moins hégémonique que dans un passé récent, la formule du duo mixte a toujours ses adeptes dans le genre folk-pop. Dans le cas qui nous occupe, le pédigrée des deux intervenants apportait aussi de belles garanties. Elle, Maia Frankowski est Belge et violoniste à l’Orchestre du Théâtre Royal de la Monnaie, lui, Harry Pane est Anglais, compositeur, et rencontre un certain succès sur la scène folk (...)