mercredi 14 mai 2014

Ces dernières années, le Record Store Day s’impose comme un évènement majeur. La version américaine en tous cas permet quelques sorties plus ‘légères’ et tout à fait réjouissantes. En plus d’un best-of sur vinyle agrémenté d’une compilation de raretés (notamment de fameuses reprises tordues), Xiu Xiu en profite pour sortir un album de reprises un peu particulier. Enregistrées en une seule journée dans les studios de sigur Ros, ces versions de morceaux composés entre 1850 et 1920 sont accompagnées d’une seule guitare (un modèle de 1953 offert par son producteur de père).
James Stewart s’est déjà lancé dans des reprises mais de façon plus personnelle, ce qui est presqu’inévitable vu son indéniable originalité. Il a manifestement un grand respect pour ces œuvres interprétées de façon très simple. Lesquelles chansons m’étaient totalement inconnues, à l’exception de Wreck on The Highway qui a été enregistrée par Bruce Springsteen (sur The River) mais date de bien plus tôt. On sent tout de suite à la simplicité de ces chansons que ce sont des classiques, des incunables attachés à la culture des USA. Au contraire de Moriarty qui s’est aussi frotté récemment à ce répertoire de façon plaisante mais scolaire et littérale, il apporte sa patte à toutes ces versions.
Non, on ne s’attendait pas nécessairement à ce qu’il sorte des morceaux aussi dépouillées. Pour ceux qui en doutaient encore, voici la brillante affirmation de sa singularité en tant que chanteur. Les arrangements sont finalement très minimalistes. Une guitare qui martèle deux notes et c’est à peu près tout pour Blood of the Lamb qui dégage pourtant une grosse intensité. Des bruits d’animaux et d’eau enregistrés dans la jungle de Guyane constituent non seulement les morceaux de transition, mais viennent habiller les ‘vrais’ morceaux chantés. Et entendre un singe en fond, c’est finalement tout ce qu’il faut pour rendre I’ll Fly Away intéressant.
Oui, on aurait pu retrouver All Fo’ You sur un de ses albums récents. Il faut dire que les paroles « You took the hammer you knocked my head, you took the razor cut my throat, all fo’ you baby, all fo’ you†semblent aller très bien à l’univers plutôt noir de Xiu Xiu. Mais qui trouve ici des accents plus apaisés. Sa voix de tête sur le très joli Church In The Wild Woods n’est pas sans rappeler un Perfume Genius qui serait passé du côté trouble de la force.
Les exercices de Xiu Xiu en marge de la discographie plus régulière sont une inépuisable source de curiosité. S’il arrive qu’ils se révèlent un peu rudes comme quand il se frotte à Nina Simone ou bidouille avec Eugene Robinson, il peut aussi mettre sa personnalité d’interprète au service de chansons hors d’à¢ge et s’en sortir avec les honneurs, montrant qu’il peut tout simplement être touchant avec une guitare et sa voix (et un peu de sons de jungle). Plus facile d’accès, ce qui n’est finalement qu’une escapade se révèle un bien bel album qui montre une nouvelle facette du talent de James Stewart.
Avec un parcours atypique de l’électronique vers une relecture très particulière du folk et une personnalité indéniable, la personnalité de Fink est toujours aussi reconnaissable. Et ces énièmes retrouvailles se sont encore une fois révélées bien gratifiantes.
Une fois atteinte la balise du blues acoustique le plus dépouillé de Fink’s Sunday Night Blues Club, Vol. 1, il était revenu à des (…)
En plus d’être remarquablement achalandé (Maxwell Farrington & Le Super Homard, The Apartments, Feldup, Raoul Vignal, GRIVE, Stéphane Milochévitch, Nadine Khouri...), Talitres a le bon goût d’envoyer ses albums bien en avance. Donc on a beaucoup de temps pour s’en imprégner sans être pressé par l’actualité. Et souvent, c’est au bénéfice des artistes. Spécialement dans le cas du duo mixte (…)
On ne maintient pas ce genre de classement, mais il est clair que certains artistes ont toujours eu la cote et ont empilé les étoiles ici. Ce huitième album (c’est le ’Op.8 dans le titre) de The Wooden Wolf ne va pas refroidir notre enthousiasme à son égard comme on va le voir.
Et ça attaque dès Flutter qui signe des retrouvailles tellement précieuses. Le fantôme d’Eliott Smith, voire celui (…)
Proposer Alex Keiling comme produit d’appel ne pouvait que susciter notre curiosité. Avant de dire tout le bien de son huitième album en tant que The Wooden Wolf, le voici déjà dans ce projet qu’il partage avec Julian Tröndle et Louis Groß du groupe folk teuton Lambs & Wolves.
Ce n’est aucunement un projet solo, on le sent à la coloration différente mais tout aussi belle. Ce qu’on entend (…)
L’avantage du temps qui passe, c’est qu’un moment donné, il ne sert plus à rien de ’courir après’, les modes sont passées et rester soi-même est la stratégie la plus payante. On l’a constaté avec les albums récents de Broken Social Scene, Ladytron ou The Notwist et c’est déjà ce qu’on ressentait il y a onze ans au moment de la dernière critique publiée (on avait involontairement manqué The (…)
Une pochette toujours foisonnante mais en noir et blanc cette fois-ci, c’est le premier contact qu’on a avec ce treizième album critiqué en nos colonnes. On a donc une familiarité certaine avec la formation de Kevin Barnes mais on sait aussi que ses aspirations du moment influencent sensiblement le résultat, du plus calme au plus délirant. Donc, dans le contexte d’un album d’of Montreal, ceci (…)
Une personnalité aussi forte que celle de Xiu Xiu est un appel à la reprise. On connaissait leurs reprises depuis longtemps, c’est peut-être via leur cover de Don’t Cha qu’on s’était frottés une des premières fois à leur univers. Les morceaux présentés ici sont une compilation de ceux qui sont proposés mensuellement à leurs souscripteurs Bandcamp.
Le trio s’approprie forcément ces morceaux (…)
Il est des artistes qu’on aime précisément pour leur radicalité. S’ils ont su arrondir les angles parfois, on dénote chez A Place To Bury Strangers, Xiu Xiu ou HEALTH une propension à en faire trop parce que c’est comme ça qu’on ouvre des voies, qu’on évite la tiédeur.
Ce qu’on a dit du précédent RAT WARS s’applique bien toujours ici. Les sons de guitare peuvent être rà¢peux, c’est toujours (…)