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Séance de Rattrapage #24

vendredi 8 août 2014, par Marc


Eh oui, encore quelques albums passés ensemble à la moulinette. Trois artistes pour trois retours plus ou moins attendus, avec un satisfecit général.

Broken Records - Weights & Pulleys

SIl y a des groupes qui sont doublement familiers. Le sextet d’Edimbourg Broken Records est de ceux-là. Non seulement nous sommes contents de leur voir donner une suite à Let Me Come Home, mais ils nous rappellent aussi d’autres choses qu’on apprécie.

On se dit par exemple qu’on pourrait les situer quelque part entre l’émotion énorme de Spencer Krug et la finesse de The National. Des premiers Wolf Parade on retrouve une voix qui ressemble de façon assez troublante à celle de Krug (Weights & Pulleys, You’ll Be Lonely). Les montées plus fines nous rappelant plus The National, chef de meute incontestable de ce genre (Nothing Doubtful), la voix étant une énorme différence bien évidemment. Comme l’engagement est total, ça pourra plaire aux fans de l’Arcade Fire d’avant (Winterless Son). Ce groupe pourrait donc nous énerver pour rappeler trop de choses qu’on aime trop. Mais non, on les reconnait quand même et comme ils servent tout avec un cœur gros comme ça, on écoute.

On profite de gros moments de gros son (Let’s Call It A Betrayal), on se dit aussi que cette voix un peu geignarde (juste ce qu’il faut) peut renvoyer à Devotchka et apporte un peu de subtilité. Même si ce n’est pas cette subtilité qu’on est venu chercher ici.

Ce groupe pourrait être énorme, devrait être énorme. Il vient en tout cas de confirmer avec cet album fort et puissant qu’il peut supporter les comparaisons les plus flatteuses sans y perdre son âme. C’est évidemment un peu hénaurme sur les bords, mais un peu d’aplomb fait du bien de temps en temps.

http://www.brokenrecordsband.com/

Tristan Nihouarn - Polarities

La musique de film est un exercice particulier, et sa critique pourrait être considérée aussi comme une discipline à part entière. Surtout si comme dans le cas de cet album de Tristan Nihouarn, les films qu’il illustre nous sont inconnus. On peut donc les juger sur leur seul potentiel d’évocation. Certes, sans les images ces albums sont un peu démunis, mais il peut aussi s’en dégager un certain charme.

Quand on sait que le nom des films pour lesquels ces musiques ont été composées sont Le Piège Blanc et Babouchka, dans l’enfer du Pôle, on se doute que ce ne sera pas chaleureux. Et on a tort, puisqu’il arrive à réchauffer l’ambiance en variant l’atmosphère, entre la balade au piano (Ballad Of Stepan Makarov) et des moments de mélancolie plus tenace (Nothern Waltzing), il arrive à insérer du souffle et du rythme, rappelant ce qu’avait pu faire Tom Twyker pour son beau court-métrage de pour Paris Je T’aime (Kabatnik).

Assez éloigné de son album solo dont on vous avait parlé, encore plus de son groupe de base Matmatah (sisi), cette collection de musiques de film montre un pan méconnu et vraiment intéressant de Tristan Nihouarn. Et on se prend à rêver. Le jour où il arrivera à capturer ce talent-là et l’incorporer à ses chansons (certains morceaux comme Big Things semblent en introduire), on tiendra chanteur français des plus intéressants. En attendant, on ne peut qu’apprécier ses illustrations sonores.

Wovenhand - Refractory Obdurate

Pour nous, ce sera toujours lui l’original, le premier qui nous a fait comprendre que les plaines infinies de l’Amérique pouvaient être hantées par des fantômes bien sombres. C’est une tradition, toutes les années paires depuis 2004, il y a un album de Wovenhand. 2014 ne déroge pas à la règle

Le premier morceau est déjà plus fort, plus rentre-dedans que ce qu’on a l’habitude d’entendre. Sur album du moins, les concerts étant toujours des expériences plus fortes de café. Pourtant, ce virage n’est cependant pas récent, on l’avait déjà ressenti sur The Laughing Stalk. C’est un album qui ne desserre pas l’étreinte mais on n’a pas que des morceaux qui sentent l’huile de vidange et immédiats (Good Shepard), il y a aussi de jolies choses plus posées comme Obdurate Obscura.

Après, à vous de décider si vous allez suivre David E Edwards. Mais bien honnêtement, je ne vois pas comment rester sur le pas de la porte quand il nous assène King David. Alors, oui, c’est parfois du heavy rock un peu gothique sur les bords (Filed of Hedon) et ce n’est évidemment pas désagréable, bien au contraire, convient assez bien au ton de voix très hanté d’Edwards qui ne cessera sans doute jamais d’être habité.

http://wovenhandmosaic.com/

Article écrit par Marc

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