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Séance de Rattrapage #26

vendredi 26 septembre 2014, par Marc, Mathusalem


Un retour soporifique, une découverte venue de nulle part et une découverte chez les indispensables Zeal. C’est le rattrapage, séance 26...

Blonde Redhead - Barragan

Sans trop de gêne, je peux vous dire que je ne connais de Blonde Redhead que les deux derniers albums. Un peu maigre pour se justifier vis-à-vis d’un fan, mais nettement suffisant pour jauger mon propre plaisir d’écoute. Et si ce plaisir était venu dès la première écoute du morceau 23, il avait pris son temps après avoir découvert Penny Sparke.

Pour ce Barragán, il est maintenant établi qu’il ne viendra pas. Ce n’est pourtant pas une énorme évolution par rapport au précédent mais on a l’impression ici que le spleen a fait place à de la lenteur et une fois dépouillés, il ne reste pas énormément de ces morceaux. La sauce tente de prendre sur Lady M mais on dirait que la voix est à la traine. Il faut dire que celle de Kazu Makino n’est sans doute pas suffisante en elle-même pour assumer cette nudité. Marrissa, Susanna, Lisa, expliquez-lui…

Une basse bien ronde, une guitare en liberté et quelques vocalises sur Cat On Tin Roof ne suffisent pas à en faire un morceau. La basse d’ailleurs pourrait soutenir un morceau de Spoon, mais sans la tension rien ne tient, c’est quelque chose que vous savez si vous avez essayé de faire des constructions en bois et cordes. Ca ressemble plutôt à une répétition qu’à un morceau bien fini. De même The One I Love repose sur un gimmick pas bien passionnant. Et puis quelle idée de trainer le kraut mollasson de Mind To Be had sur neuf minutes ? Pas franchement désagréable, cet album de Blonde Redhead lasse bien vite, quitté par le spleen qui sauvait des deux productions précédentes. (Marc)

Dear Pola - Kaamos EP

Ne prêtez surtout pas attention aux gens qui vous diront que la capacité d’émerveillement s’émousse avec le temps... Des fois, par hasard, on tombe en arrêt sur de jolies choses qui vous font encore frétiller les oreillettes et palpiter les ventricules, c’est tant mieux... Et oui, les émois artistiques peuvent encore germer de ci de là, indépendamment des années qui passent... _
Encore faut-il qu’une bonne dose de talent les stimule... Et cette jeune Française en a. Dear Pola n’est pas encore connue... Elle devrait l’être pourtant.

Se disant fortement influencée par des gens comme José Gonzales,(Comme lui, elle use avec maestria du paradoxe voix moelleuse/guitare martelée), Cat Power, Nick Drake, Philip Glass, Feist , Daughter, elle distille au final une musique qui déborde de manière assez conséquente du tiroir « Folk minimaliste » dans lequel on aurait pu au départ la cloisonner... Oreilles aux aguets, on louvoie avec plaisir dans les mêmes eaux que celles où naviguent les gens sus-nommés, mais aussi Beth Orton ou même Anna-Lynne Williams, entres autres, surtout lorsque celle-ci,en tant que Lotte Kestner, use de ces troublants dédoublements de voix du plus charmant effet... Channy Leaneagh (Poliça) fait cela très bien, elle aussi.

Un EP est disponible ainsi qu’audible sur Bandcamp, Je vous l’accorde, substantiellement, c’est encore peu, mais c’est largement suffisant pour se faire une idée d’un talent potentiel qui couve, là-bas, quelque part, en France...

Jolies chansons, sérieuses références, bref, un projet bien prometteur.
A suivre... Attentivement. (Mathusalem)

https://dearpola.bandcamp.com/

Mad About Mountains - Harlaz

Quand nous avions parlé des Suédoises de First Aid Kit, on avait souligné avec quelle facilité elles étaient arrivées à se fondre dans le décor musical américain. On pourrait établir le même constat pour les Flamands de Mad About Mountains. Le but de la formation n’est pas le pittoresque et force est de constater qu’ils font sacrément bien le boulot. Ce n’est pas un pastiche, c’est un groupe investi qui se sent spécialement à l’aise dans un répertoire des grands espaces qui ne doivent sans doute pas correspondre à ceux de leur lieu de vie quitte à utiliser des marqueurs culturels évidents comme placer ‘river’, ‘fire’, ‘home’ ou ‘woods’ à tout bout de champ (sic).

Ce groupe se place donc dans la lignée de formations comme Phosphorescent mais surtout il est très difficile de ne pas penser à la voix haut perchée de Neil Young (If You See Her, Little lady). Du loner on retrouve aussi le panache de la fuzz (On Our Way Back Home, You Know) ou des façons de trousser un morceau (Harlaz). Pour jouer sur ses valeurs intrinsèques, il y a simplement de jolies mélodies (Our Garden). Down The River est un peu ce que fait Calexico quand ils se font plus calmes et rangent la fanfare. Hurts et son harmonica sont aussi forcément impeccables.

Il faudrait que Zeal Records pense sérieusement à une formule d’abonnement, tant les albums s’accumulent et restent indispensables (Isbells, Marble Sounds, Sunday Bell Ringers, Low Vertical…). Ces Mad About Mountains maintiennent en tout cas l’excellence même s’ils n’en prolongent pas la singularité. (Marc)

http://www.madaboutmountains.be/

Article écrit par Marc, Mathusalem

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