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The Dø - Shake, Shook, Shaken

jeudi 6 novembre 2014, par Marc


Un des clichés du rock veut que le cap décisif soit celui du troisième album. C’est en effet parfois l’album de trop si le groupe ne se renouvelle pas et celui que le public suit ou pas en cas de changement de cap. Si on applique ce raisonnement au duo finno-français. Dès le premier album, on avait bien cerné le potentiel énorme de la formation qui s’était un peu éteint sur le second qui comportait évidemment de grands moments.

Le jolie Olivia Merilahti et Dan Levy se sont sans doute posé les bonnes questions. Sans revenir à la fraicheur des débuts, ils ont sans doute bien compris où étaient leurs qualités. Un sens mélodique hors du commun tout d’abord, avec quelques refrains assez dingues (Trustful Hands, Dispair Hangover and Ecstasy). Parce qu’ils savent que la pop est plus belle quand elle est un peu désespérée (Lick My Wounds). C’est vraiment leur terrain de chasse favori, ou la voix de petit animal triste d’Olivia excelle. Evidemment, ce timbre particulier pourra être un frein pour certains.

Et puis ils arrivent à retrouver tout l’allant et la diversité des débuts. Il faut beaucoup d’engagement pour entamer par Keep Your Lips Sealed. Evidemment, on pourra constater que parfois les gros claviers sont placés aux avants-postes mais comme c’est surtout sur des morceaux convaincants (Miracles, Despair, Hangover and Ecstasy), on ne conclura pas au mauvais goût.

L’éclectisme est de sortie aussi puisque entre un Omen final un peu plus menaçant, ils peuvent se contenter de simplicité (Nature Will Remain). Non, tout n’est pas parfait (Opposite Ways ou Anita No sont légèrement en retrait) mais ils gardent quelques morceaux directs pour relancer la machine (Going Through Walls).

On commence souvent à perdre des groupes quand ils veulent montrer qu’ils peuvent écrire des morceaux sérieux et profonds. La spontanéité et l’immédiateté étaient moins présentes sur le second album et reviennent ici. Evidemment, ils ont perdu en chemin l’éclectisme des débuts mais leur patte est maintenant plus manifeste. Plus pop, plus rond, moins aventureux peut-être, ce troisième album confirme The Dø comme un groupe pop français majeur. Et puis on compte peu d’albums qu’on peut écouter autant sans se lasser.

http://thedomusic.com/

Article écrit par Marc

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