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Panda Bear, Botanique, 05/03/2015

vendredi 6 mars 2015, par Marc


En plus des artistes qui ne nous déçoivent jamais, qu’on va voir en attendant une claque qui vient toujours (genre Dominique A en mai, ce sera forcément bien), il y a ceux qui peuvent surprendre dans les deux sens, qui recréent la notion de risque. Mais on n’a pas peur alors on retourne les voir quand même.

On ne peut pas dire que le risque de programmer Jib Kidder en première partie de Panda Bear soit énorme non plus. Parce que ce prête-nom de Sean Schuster-Craig est assez dans la lignée de la tête d’affiche. C’est en tant que trio qu’ils occupent la scène et on peut dire que le mélange de morceaux qui peuvent sans doute être classiques à la base et d’une très grosse dose de bidouille marche bien. Il y a même des soli de guitare (systématiquement exécutés à genoux) et de courtes mais systématiques introductions des morceaux. On pense à un Deerhunter en moins abouti et plus arty. Enfin bref, ceux qui se sont déplacés pour Noah Lennox en connaissance de cause n’ont pu qu’apprécier.

Et donc arrive Panda Bear. Tout seul comme à son habitude, un peu planqué derrière sa console et devant des projections un rien psychédéliques. Non, il n’y a pas grand’ chose à photographier, on range donc bien vite l’appareil pour se laisser aller. Toute la clé est en effet là. Animal Collective (dont Noah Lennox, alias Panda Bear est membre) peut fasciner en concert ou ennuyer selon leur forme, la configuration, le public et sa propre disposition. Panda Bear défend un album qu’on a apprécié, je me trouve au premier rang sans obstacle (et ainsi exposé aux parcimonieux coups de stroboscope) et dans un public connaisseur qui applaudit quand il trouve l’occasion. Donc, tout était là pour que ça marche et ça a marché.

A la fin du concert, un spectateur se plaignait que ce "n’était pas vraiment un concert". De fait, on est assez éloigné du tour de chant. Parce que la musique ne s’y prête pas. Protéiforme, allumée, elle peut se présenter comme un magma coloré au novice. Mais il y avait matière à ressentir. Et puis mine de rien, même planquée derrière des tonnes d’effets, la voix est là et reste expressive. Tropic Of Cancer est un moment très intense que le public identifie comme tel assez vite, un climax qui suit Come To Your Senses. Au delà de la sensation donc, il peut véritablement susciter de l’émotion.

Je ne m’apprêtais évidemment pas à une déception mais je savais qu’une prestation de Panda Bear, c’est surtout une expérience plus ou moins exaltante. Je peux dire sans tergiverser que je me suis bien laissé porter, et c’est bon de ressentir tout simplement, de penser aussi qu’il existe des formes de musiques résolument modernes et actuelles.

Article écrit par Marc

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