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Séance de Rattrapage #33 - Diversions

mercredi 5 août 2015, par Marc


The Antlers - In London

On a déjà dit tout le bien qu’on pensait des Antlers, on a répété à quel point leurs concerts son bien, voici une confirmation encore plus patente puisqu’ils ont décidé de fixer sur un double vinyle une prestation au Hackney Empire de Londres.

Comme souvent en concert, les versions sont bien plus longues, déploient toute leur ampleur. Et c’est encore plus manifeste ‘en direct’. Ce qui nous rappelle de bien bons souvenirs. On retrouve toutes les facettes, des mélodies fondantes (Kettering) à la voix impeccablement posée et expressive de Peter Silberman. Le son est donc impeccable, léger et subtil.

On détecte aussi immédiatement les hauts faits comme Director dont le riff du milieu déclenche un torrent d’eau chaude. Putting The Dog To Sleep prend spécialement ses aises, et devient lui aussi un des points d’orgue des concerts. C’est logiquement le morceau qui clôture avant les rappels. Notons pour l’anecdote que les derniers morceaux des trois albums sont les trois derniers morceaux du concert, montrant qu’ils maitrisent cette sortie épique. Le logiquement nommé Epilogue ayant la tâche de nous achever.

Quand l’excellence est presque constante, on ressent comme en salle et sur album un coup de mou au milieu. Les morceaux ne sont pas moins bons, loin de là, mais leur début calme avant la densification systématique. Il faut donc quelques morceaux du calibre de ceux qu’on vient d’évoquer pour relancer l’intérêt.

D’accord, ce n’est pas la musique la plus immédiatement radiophonique, mais on a encore plus de mal à comprendre la confidentialité des Antlers quand on entend ce live impeccable. Trop subtil, trop fin et éthéré ? Plutôt que chercher une improbable réponse à ces questions rhétoriques, on va se contenter d’écouter ce groupe encore et encore.

Iron & Wine and Ben Bridwell - Sing Into My Mouth

On se rappellera qu’il y a presque dix ans, Band Of Horses s’était profilé comme une bonne promesse notamment grâce au timbre si particulier de leur chanteur Ben Bridwell. Laquelle ne fut pas vraiment tenue parce que la formation a évolué vers un gros son moins personnel. On a suivi aussi de loin en loin la discographie d’Iron & Wine qui a su garder un son plus intime. Leur collaboration semblait marquée du sceau de l’évidence tant les univers sont compatibles. De plus, ils partagent une provenance de Caroline du sud et il faut aussi se souvenir que Bridwell a lancé la carrière d’Iron and Wine en envoyant leur démo aux bonnes personnes.

C’est donc un album d’amis qui veulent se faire plaisir. Et dans ces cas-là, la joie de jouer ensemble se matérialise dans des reprises. Il faut d’ailleurs une oreille attentive pour discerner les originaux tant leur incorporation à l’americana détendue semble facile. Oui, c’est bien This Must Be The Place des Talking Heads qui lance les hostilités. D’une manière générale, les versions originales de ces morceaux me sont inconnues, ce qui finalement en retire beaucoup du côté anecdotique.

God Knows (You Gotta Give to Get) d’El Perro Del Mar est en tout cas méconnaissable.. Ces morceaux-là tenaient sur l’album parce que le climat installé par la voix triste de Sarah Assbring compensait leur répétition. Arriver à en faire une chanson à part entière est à ce titre une belle performance.

Sans doute que le plaisir de jouer ensemble est ce qui a défini l’existence même de cet album. Si le résultat est sans doute moins marquant que les productions de, disons, Calexico, tout est impeccable et langoureux. Pas inoubliable donc, mais gratifiant et léger.

Moriarty - Epitaph

Quand Moriarty a débarqué sans crier gare en 2006, ils étaient armés d’un album solide mais aussi d’une scénographie poussée. Leur image semblait très importante et voulait nous dire qu’ils étaient plus qu’un ‘simple’ groupe. Trois albums plus tard, on sent que la musique a clairement pris le pas. Leur dernière publication (Fugitives) était d’ailleurs une collection de reprises de standard folk qui renforçait leur ancrage americana.

Mais ils n’ont jamais montré de velléité passéiste. Et si leur musique reste classique, elle semble plus que jamais habitée par une volonté d’expansion. On le sent spécialement sue quelques morceaux plus ronds et directs comme Long Live the (D)Evil. La coolitude qui s’en dégage est à ce titre réjouissante, tout comme la bonne idée d’articuler Diamonds Never Die autour de la basse.

Cet ajout occasionnel de groove ne les écarte cependant pas de leur zone de compétence. Ils prennent ainsi le temps de faire monter History Of Silence pour qu’il frappe juste et fort. Et puis il y a toujours la voix de Rosemary, expressive, gouailleuse et toujours à l’aise. Pour ne pas trop dérouter, ils ont gardé quelques incrustations sonores et semblent avoir trouvé leur bonus track sur le bord d’un fleuve douteux.

Après un paquet d’écoutes, on en vient à penser qu’on entend sans doute le meilleur album de Moriarty, celui qui rend le mieux compte de leur faculté de prendre de l’ancien et en faire du nouveau.

Article écrit par Marc

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