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New Order - Music Complete

lundi 19 octobre 2015, par Marc


Que peut-on attendre de New Order en 2015 ? On ne laissera pas trop trainer la réponse à cette question presque oratoire : pas grand-chose. Ce n’est pas qu’ils aient livré des derniers albums indignes de leur légende (ça reste un groupe de singles après tout), mais le monde a bien tourné entretemps et leur héritage est en de bonnes multiples mains.

Mais cet héritage justement, ils ne considèrent à juste titre comme leur appartenant. La pochette semble déjà une relecture par Peter Saville de l’œuvre de Piet Mondrian. Il est facile de dire que c’est comme avant mais en moins bien mais c’est comme ça. L’emballage a toujours eu de l’importance chez eux et même 35 ans après leur formation, ils tiennent à ce lien avec le passé. C’est d’ailleurs ce passé qui leur donne tant d’attention, il faut être honnête.

New Order, c’est aussi une partie de la bande-son d’une époque un peu fantasmée (précurseurs des raves, la culture dancefloor, les mélanges, l’Hacienda tout ça). Ce genre, il faut reconnaitre que ce sont eux qui l’ont créé, donc ils en font ce qu’ils veulent. Grosse entorse à la continuité, le fameux bassiste Peter Hook a quitté le navire. De vous à moi, il est compliqué de déceler la différence tant le nouveau son se rapproche de l’ancien.

Si cet album maintient le rythme du début à la fin, ce qui est une bonne idée de vieux briscards, on ne peut pas dire non plus qu’ils se réinventent, que du contraire même. Les synthès de Singularity semblent tout droit venus de leurs grands moments eighties (Bizarre Love Triangle par exemple) et il semble aussi qu’ils aient une fois pour toutes bloqué les réglages de leurs pédales d’effets (ça se brevette ce genre de chose ?)

Autre réminiscence, Plastic fleure bon la boîte à rythme vintage et la basse à la Moroder. Et puis ce morceau en pilotage automatique complet repart en plein milieu, comme sur un bon vieux maxi de remixes. Mais ce coup d’œil dans le rétro n’est pas toujours du meilleur goût, Tutti Frutti se présentant comme de l’italo-disco un peu trop kitsch pour être honnête, le genre de chose qui aurait même rebuté Frankie Goes To Hollywood.

Autre astuce pour retenir l’attention et attirer les commentaires, ils ont pimenté cet album de quelques collaborations. Certaines sont pertinentes sur le papier mais clairement sous-exploitées. Elly Jackson (La Roux) se place en effet dans la descendance directe du groupe de Manchester mais se contente de quelques chœurs. On est moins clients de Brandon Flowers qui se contente de livrer quelques ‘It’s over’ sur Superheated. Plus surprenant, Iggy Pop tient un monologue sur Stray Dog, ce qui reste plus sympathique (on est toujours content de le retrouver) que marquant.

Leur meilleur album depuis plus de 20 ans ? Oui, forcément, ce ne sont pas Get Ready ou Waiting For The Siren’s Call qui vont pouvoir lui faire beaucoup d’ombre de toute façon. On n’attendait tellement rien de cet album qui n’ajoutera rien à la légende qu’on s’est facilement laissé entraîner par ce retour en arrière en pilotage automatique mais rythme élevé.

Article écrit par Marc

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