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Séance de Rattrapage #45 - Mamiffer, Russian Circles, The Amazing

vendredi 19 août 2016, par Marc


Mamiffer - The World Unseen

Isis, c’est un groupe bien impressionnant mais qui sort de ma zone de confort à cause de la voix beuglée d’Aaron Turner qui me repousse un peu. Pas de répulsion par contre pour Mamiffer, groupe du chanteur d’Isis initié par sa femme Faith Coloccia puisque son chant à elle est une invitation au voyage.

Comme pour nous mettre encore plus à l’aise, on retrouve un certain Randall Dunn à la production, lui qui avait assuré celle du July de Marissa Nadler. Et c’est une plage ambient qui nous accueille.

Et puis du piano, un violon discret, une voix recueillie et aérienne, voilà qui nous met dans d’excellents dispositions. 13 Burning Stars joue de ce piano répétitif et d’une voix aérienne. Et c’est bien beau, suffisamment hanté pour remporter la mise, tout comme l’encore plus vaporeux Mara.

On peut penser à Agnès Obel en moins joli, chaînon manquant avec Anna Von Hausswolf peut-être. Mais ce qui distingue ceci des références nordiques, c’est qu’on pousse le curseur plus franchement du côté d’une certaine expérimentation. Sans doute que la liberté d’un side-project permet ce genre de tenter et réussir ce genre d’incartades. Domestication of Ewe I réserve ainsi quelques passages de drone, d’ambient sombre, comme si on écoutait un autre album. Le Part II est du piano bien senti sur un fond de guitares vrombissantes. On est à la lisière du post-rock avec Piano, comme on l’appréciait sur le premier album d’Einar Stray.

Apprivoiser un style et son auditeur et puis l’emmener plus haut et plus loin, c’est ce que réussit le groupe de Seattle qu’on a envie de continuer à suivre.

Russian Circles - Guidance

Russian Circles ne change pas, ils ne doivent pas changer. La formation chicagolaise le sait. Le premier morceau Asa est d’ailleurs bien calme, mais on sait que ça ne durera pas, que l’éclair fendra la grisaille. Et de fait, les riffs saignants et metal déboulent dès Vorel et on les entend débouler avec presque du soulagement. Et oui, ils ont toujours ce coup de main assez hard occasionnel qui fait leur spécificité. Sur Mota, les progressions d’accords plus mélancoliques sont là, avec toujours une certaine force de frappe. Il y a donc un séquençage bien pensé de cet album.

Logiquement, on attend qu’ils plantent le morceau le plus marquant quand déboule Afrika, avec sa mélodie plus marquée et sa progression d’accords mineurs qui frappent juste et fort. Voilà la décharge d’adrénaline qu’on était venus chercher. On se calme donc avec Overboard avant de terminer en roue libre sur Calla.

Le post-rock ne permet de survivre qu’à ceux qui ont su se singulariser. La puissance de feu de Russian Circles est un de ces signes distinctifs qu’on retrouve toujours avec autant de plaisir. Ils déploient ici leur panoplie entière sans surprise mais avec une compétence confirmée.

The Amazing - Ambulance

Appeler son groupe The Amazing dénote soit une grande confiance en soi ou un sens de l’humour aiguisé. On ne sait pas lequel des deux guide le groupe suédois qui sort son quatrième album mais la première option pourrait même être envisagée.

Pourtant, elle n’est pas clinquante cette musique vaporeuse d’emblée, avec des harmones vocales sur des mélodies louvoyantes, cette pop éthérée avec guitare libre (Divide), des fins de morceaux où une section rythmique vient appuyer un gimmick réussi (Blair Drager).

Mais le plus intéressant n’est même pas là, puisque cet album qu’on imaginait idéal pour accompagner un bain moussant peut aussi montrer une intéressante versatilité. Quand la jolie mélancolie se déploie sur Tracks, quand la mélodie de Moments Like These pourrait passer pour du Belle and Sebastian, quand des morceaux frontalement acoustiques (A Perfect Day for Shrimp) viennent contrebalancer d’autres trop easy-listening (Floating)

Cet album aux contours volontairement flous présente donc fort heureusement une diversité qu’on ne soupçonne pas de prime abord et nous amène à le conseiller.

http://www.theamazing.se/

Article écrit par Marc

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