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Séance de Rattrapage #46 - Cocoon, Get Well Soon, Alexis Taylor

mercredi 7 septembre 2016, par Marc


Cocoon - Welcome Home

Le monde du speed metal est en émoi, Cocoon revient. Bon, blague à part, on est contents d’avoir des nouvelles du duo français. Ceci dit, seul Marc Daumeil est au rendez-vous, Morgane Imbeaud n’est pas de la partie, remplacée par l’Américaine Nathalie Prass. Si la voix est distincte quand elle occupe les avant-postes, elle est assez similaire en tant que chœurs (Watch My Back)

Mais elle n’est pas venue seule, elle a aussi amené le producteur Matthew E.White qui produit bien évidemment et se prend au jeu et chante aussi sur Up For sale. Il ne dénature évidemment pas le son, Bien sucré mais toujours digne quand les cordes enrobent (Grandaddy qui ne ressemble pas au groupe du même nom). Il y a aussi des chansons plus pop avec cuivres discrets comme Middle Finger avec des paroles faussement subversives. On les a appréciés dans un contexte plus intimiste et ceci est moins passionnant. Notamment parce que la voix est moins à l’aise dans ces morceaux peut-être plus ambitieux mais qui n’ont pas la profondeur nécessaire.

On est plus dans le mid-tempo langoureux sur Get Well Soon. I Can’t Wait est tout de même mieux dans sa version originale. L’ajout de beat la rend encore plus anodine, avec un entrain qui ne lui va pas. Un coup commercial assez dispensable donc et qui malheureusement est censé donner envie sur les radios. Dans le rayon de la pop enthousiasmante, j’encouragerais plutôt d’aller voir du côté de Lauren Mann.

Délicieusement anodin, Cocoon ne promet jamais plus qu’il ne peut livrer. On se surprend donc à écouter un groupe dont on n’attend rien et on passe le moment mou et doux qu’on est venus chercher. Il n’y a pas que les sensations fortes dans la vie, et le groupe français l’a bien compris.

Get Well Soon - Born With Too Much Love

Une manipulation compliquée au moment de commander le dernier album de Get Well Soon m’avait privé de l’EP complémentaire. Quand on sait à quel point ces petits suppléments peuvent être bons (le formidable Songs About the Glaciation au temps du premier album), il fallait rattraper celui-ci. Avec le recul, non, il ne fallait peut-être pas.

Parce que si l’album montre un certain éclectisme de bon aloi, ceci est bien plus monomaniaque, très orienté vers un son eighties certes parfait (Konstantin Gropper ne sait qu’être excellent) mais qui frise la pastiche.

Il s’agit 5 morceaux, dont une intro instrumentale, donc la cote d’alerte glycémique n’est pas atteinte. Glutony empile pourtant nappes de synthé, petit solo de clavier et batterie rockmantique. Il faut s’armer de second degré pour ce son de basse de Roses, Pink Roses. C’est d’autant plus dommage qu’il s’en dégage une bien belle mélancolie. Ces morceaux sont donc bons, et on aurait aimé voir ce qu’ils auraient donné avec le son du premier album. On se bornera à les créer dans notre tête. On pensait Arcade Fire, Calexico et Beirut, on pense maintenant ABC et Duran Duran. Le plus étrange, c’est qu’il peut transcender le genre comme il l’a prouvé avec sa délicieuse relecture de Wham.

Kitsch et impeccable, c’est tout Konstantin Gropper dans un EP. Des morceaux au potentiel substantiel mais mis en son selon un fantasme eighties poussé tellement loin qu’il confine à l’hommage décalé.

Alexis Taylor - Piano

Si le nom d’Alexis Taylor ne vous est pas familier, sachez qu’il est le chanteur de Hot Chip. A des lieues de la dance lo-fi du groupe, il a visiblement d’autres envies à assouvir. Celles de piano-voix dans la plus pure tradition. Le résultat est assez diffèrent de l’exercice de Spencer Krug sous le nom de Moonface. Moins poignant, certes, plus apaisé aussi, mais vraiment beau.

Sa voix est particulière et reconnaissable. Elle a rarement l’occasion d’être autant mise en avant qu’ici. Sa douceur est garantie sans mièvrerie, ce qui lui permet même de se frotter à Elvis le temps de Crying in The Chapel.

Seul objection possible si on adhère au procédé, la variété n’est pas de mise, le piano étant seul et le tempo uniformément lent. Dans cette optique, la mélodie est mise en évidence. Et elles savent faire mouche (In The Light of The Room).

Alexis Taylor a donc un talent indéniable, et besoin de personne pour tresser des chansons avec son seul piano. Sans artifice, il signe un des beaux albums intimes de cette année.

Article écrit par Marc

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