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Swans, Botanique, 6/10/2016

samedi 8 octobre 2016, par Marc


Pour un retour aux concerts, on ne peut pas dire que c’était un échauffement progressif. En effet, avec Swans, on est tout de suite dans un bain brûlant.

La première partie était déjà une belle promesse. On vous a déjà dit tout le bien qu’on pensait d’Anna von Hausswolff, l’occasion était belle de voir ce que cet univers sombre donnait sur scène. Accompagnée d’un guitariste et d’un clavieriste, c’est par un standard qu’elle commence. If I Was à Carpenter est en effet un vieux morceau de Tim Hardin popularisé par Johnny et June Cash. Pour le coup, elle a la grâce aérienne d’une Marissa Nadler . Mais la suite sera différente. Je n’ai pas pu identifier les deux morceaux mais ils font la part belle à la lenteur, à l’installation, voire à la distorsion. Au moment le plus fort, on pense à une Lisa Gerrard (Dead Can Dance) accompagnée par Fuck Buttons. Une bien belle mise en bouche donc.

Si je ne me suis plongé que récemment dans la longue et dense discographie des Swans, il n’a pas fallu longtemps pour comprendre la fascination qu’ils suscitent. Leur dernier album est une grande œuvre qui intimide. Un avis sur le site du Bota nous prévenait que ça allait jouer fort. Une seule note de basse lors d’un test d’instrument nous a vite confirmé que les bouchons s’imposaient... Evidemment, on peut interroger la pertinence de pousser les son si fort que les tympans doivent être protégés mais il faut aussi dire que c’est très très impressionnant.

La présence de Michael Gira tout d’abord, chef d’orchestre incontesté et toujours à la manœuvre. Ses cinq musiciens maîtrisent aussi complètement leur sujet. La référence la plus frappante est pour moi Godspeed You Black Emperor. La même durée (2h30,ce n’est pas courant) pour 7 morceaux, le même recueillement, le même risque de soit entrer en résonance (c’était mon cas) ou de passer complètement à côté.

Mais il y a de grosses différences aussi. C’est la tension et la densité qui sont visées et atteintes ici. Ne pas tomber dans le magma sonore est un vrai exploit. Et puis ils sont en pleine lumière, avec un leader charismatique.

Ce concert aura donc des moments encore plus forts comme The Cloud of The Unknowing ou un terrifiant et magistral final The Glowing Man. Mais comme les Canadiens, on aura droit à un somptueux inédit, intitulé The Man Who Refused to Be Unhappy, sorte de krautrock âpre et sombre, noisy juste comme il faut.

Il y a plein de raisons de se réjouit d’avoir des oreilles. Assister à des expériences pareilles en est une manifeste.

Article écrit par Marc

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