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Okkervil River, Botanique, 08/11/2016

mercredi 9 novembre 2016, par Marc


Aller voir un groupe américain un soir d’élection plus que tendue, ce n’est vraiment pas anodin. Car si le créneau d’Okkervil River n’est clairement pas la protest-song, les inquiétudes de son leader sont assez compréhensibles et partagées. Il ne doit pas être très heureux à l’heure qu’il est.

Les premières parties, on aime ça, on ne l’a pas caché. On n’est jamais à l’abri d’une déception, certes, mais c’est une très bonne façon de faire des découvertes. Et L.A. Salami en est indéniablement une. Il peut ainsi débarquer tout seul avec sa guitare et son harmonica et prendre possession de la scène. Son jeu tout en picking est inspiré, ses paroles amusantes et sa voix suffisamment posée et éloignée des références du genre pour imposer sa personnalité propre. De bonne augure.

On avait déjà eu l’occasion de voir Okkervil River, à Leuven ou au Bota. Le souvenir qu’on en avait, c’était une machine solide et un Will Sheff assez charismatique. Ce dernier a décidé pour son excellent dernier album de renouveler la plupart des cadres et si on ne sait pas ce qui a motivé cette décision, les nouveaux membres sont absolument impeccables. Maitriser son instrument n’est pas une fin en soi, c’est un prérequis obligatoire avant de se présenter sur scène. Certaines formations nord-américaines sont assez exemplaires à ce niveau. De Shearwater à Destroyer en passant par Midlake, c’est une vraie démonstration. Mention spéciale au batteur et au guitariste pour le coup.

Pas la peine de s’échauffer, le concert commence comme l’album par le magnifique et plein de sens Okkervil River R.I.P. Ce genre de morceau est assez typique de leur façon, tout en évolution, très étiré comme tout ce qu’on entendra ce soir. Logiquement, c’est le dernier album qui constitue l’ossature de la setlist, ce qui nous gratifie du magnifique The Industry. Les incursions dans le passé se feront en mode relecture, les gimmicks des emblématiques Unless It Kicks, Our Life Is Not a Movie or Maybe ou de l’incontournable Black Sheep Boy état purement et simplement retravaillés.

L’engagement de Will Sheff, paradoxalement magnétique, est toujours une attraction. On comprend mieux qu’une formation comme Shearwater ne pouvait pas éternellement garder deux leaders comme lui et Jonathan Meiburg.

Ils s’absentent logiquement avant les rappels et surprise, c’est du fond de la salle que Sheff entame tout seul un vieux morceau qu’on n’identifie pas tout de suite. Renseignement pris, il s’agit de The War Criminal Rises and Speaks. C’est quand le groupe se remet à jouer sur scène et joue que le plus grand moment d’intensité se déploie, pris en tenaille qu’on est entre un chanteur et son groupe. La formation a beau avoir été sérieusement remaniée, Okkervil River reste une redoutable machine à créer de l’intensité.

Article écrit par Marc

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P.-S.

Il y aura des images, elles arrivent, elles arrivent...

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