Accueil du site > Musique > 2016 > Séance de rattrapage #50

Séance de rattrapage #50

lundi 28 novembre 2016, par Marc


Gravitysays_i - Quantum Unknown

Cassons la relative routine par un groupe grec, puisqu’on ne peut pas dire qu’ils constituent le plus gros contingent ici. D’autant que ce qu’on entend ici n’est pas sans rappeler Pink Floyd avec de longues nappes de synthé dès la douce plage d’introduction. La voix est forcément différente mais on pourrait se croire sur Wish You Were Here, le délire planant s’exprimant ici avec des cuivres. Mais le reste de la panoplie est bluffant de connivence. Guitares triturées, slides, tout est là pour l’hommage en bonne et due forme. Etant donné que ce n’est pas habituel, on ne boude pas son plaisir.

Le second évoque plus Archive. Moins frontalement ressemblant et plus tendu. Meilleur donc… Les guitares sont à l’avant-plan, mais plus comme ligne mélodique que pour une démonstration technique. Autre tic prog, c’est un long morceau en deux parties, alors qu’en faire deux morceaux aurait été plus clair.

Le chant n’est pas toujours au top quand le morceau est plus pop et repose sur lui (Of Woe/Migratory of Birds) mais ce morceau prend son envol quand les guitares reprennent leur liberté. D’une manière générale, l’ajout de cuivres est pertinent, évitant de surcroît les comparaisons trop frontales. Sur cette musique, ce sont les longues plages instrumentales qui sont les plus agréables de toute façon et cette formation a le don de faire resurgir de chouette souvenirs sans être trop littéral.

House of Wolves - House of Wolves

Se demander au moment d’aborder un album de House of Wolves si ça va être bien n’a plus de sens. Après deux albums très réussis, Rey Villalobos est une valeur sûre et ce n’est pas celui-ci qui va inverser la tendance.

S’il ne tarde pas à sembler plus ample que son prédécesseur, c’est toujours la simplicité qui fait mouche. C’est donc moins minimaliste puisque I’m Here You’re there s’articule autour du piano et qu’on y entend des violons en tendant l’oreille. Cette langueur est tout simplement parfaite, magnifiée par la voix désabusée et haut perchée de Villalobos. Comme The Wooden Wolf, ces artistes précieux abonnés à l’intensité supérieure avec des arrangements discrets. Ce n’est pas symphonique, c’est plus intime mais jamais nu. Ce qui fait que ses slows presque crapuleux ont assez de noirceur pour ne pas être sucrés et c’est assez délectable (Darkness). Time Repart quant à lui, montrant un peu de variation bienvenue.

Ses albums sont souvent courts, ce qui peut même générer une certaine frustration mais il n’y a jamais de moments faibles, de morceaux décevants. Huit bons morceaux, on n’en demande finalement pas plus pour celui qui nous offre l’insondable beauté de la tristesse

Laish - Pendulum Swing

Les vrais héros sont discrets, ils cachent leurs pouvoirs pour mieux répandre la justice. Certains musiciens sont comme ça, leur artisanat n’est pas racoleur, il agit dans l’ombre pour l’amateur avisé. Si je n’avais jamais entendu parler de Danny Green qui se cache derrière le nom de Laish, il fait partie du collectif Willkommen comme ces vieilles connaissances de The Leisure Society.

Le rapprochement est d’ailleurs possible sur plusieurs morceaux ici, mais c’est surtout la même intention de richesse discrète qui est à l’honneur, les mêmes symphonies de poche, le même spleen anglais. Si les premières écoutes évoquent un album apaisé, on ne tarde pas à en distinguer l’épaisseur. Certes, il se sort mieux que bien de la lenteur et du dépouillement occasionnel. Song For Everything se contente de quelques nappes discrètes et d’un arpège de guitare électrique.

Mais d’une manière générale, c’est plus enlevé qu’on ne l’a initialement pensé, enfin, dans l’acception pop d’un King Creosote (Learning To Love The Bomb), avec quelques emballants morceaux upbeat (My Little Prince). Et ce, dès l’entame de l’élégant Vague avec son chorus dense. Tout au long de l’album, on croise de belles choses languides comme Love On The Condition Of, impeccable dans son exécution, classique et aux accélérations feutrées.

On le voit, on reste en famille avec ce groupe, qui peut de loin évoquer leurs amis de Leisure Society comme des choses plus lointaines comme Loch Lomond (Pendulum Swing). Donc des groupes attachants et demandant une écoute attentive pour en déceler toutes les qualités.

(ceci est un EP qui reprend quelques titres de l’album)

Article écrit par Marc

Share on Facebook

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0