samedi 31 décembre 2016, par
Bien sûr, on l’aime cet exercice, celui du souvenir récent, de la compilation des albums qu’on a aimé. Cette année encore, il y en a eu plein. Surtout que contre toute attente, j’ai bien plus écrit que les dernières années (30% de plus que l’an passé par exemple...). Sans doute parce qu’il y eut beaucoup de retours d’amis de longue date et un gros paquet de découvertes venues de nulle part.
Les commentaires quant à eux semblent bien éteints. La faute sans doute aux réseaux sociaux qui monopolisent le pouvoir de réaction des gens dont le temps n’est évidemment pas extensible. La fréquentation quant à elle ne semble pas baisser, maintenir un site pareil est presque archaïque, très peu le font encore. J’ai attribué 19 fois ’4 étoiles’, 107 fois ’3 étoiles’ et aucune fois une des autres possibilités. De quoi se poser la question de leur maintien mais bon, chaque fois que je demande les gens y tiennent. On les garde ?
Voici donc ce que je retiendrai en priorité de l’année (musicale), il y a évidemment des paquets d’autres bonnes choses. Et vous, qui vous a accompagné en 2016 ? On se retrouve sans faute dans pas très longtemps après une courte pause sans doute. Encore un énorme merci à tous et une excellente année à vous !
21. Animal Collective - Painting With Même s’il n’est plus la cible de toutes les attentions, le groupe new-yorkais continue son évolution et passe en mode court, prenant le risque de moins se planquer derrière ses effets pour un album assez jubilatoire | |
20. The Divine Comedy - Foreverland Neil Hannon a souvent flirté avec le kitsch, pas toujours du bon côté. Ici, on retrouve avec un plaisir énorme son élégance, son ironie narquoise et on ne l’a plus aimé autant depuis 20 ans | |
19. Get Well Soon - Love Encore un groupe dont on espère l’écho des premiers et brillants albums. Konstantin Gropper continue cependant sa recherche de l’orchestration parfaite, celle qui restera dans le côté digne du kitsch et aura de la cohérence. Son talent est donc toujours aussi manifeste. | |
18. King Creosote - Astronaut Meets Appleman La dense discographie de l’Ecossais nous perd souvent. Mais à chaque fois qu’on la raccroche, il y a gratification. Il mêle ici quelques instruments traditionnels pour une pop revigorante, mélancolique et dense à la fois. | |
17. Radiohead - A Moon Shaped Pool Si Radiohead a toujours une énorme popularité mondiale qui repose sur des albums maintenant anciens, ils sont parvenus à retrouver leur niveau, leur envie de produire des morceaux denses pour incarner leur style qu’on aime tant. | |
16. Frère Animal - Second Tour Le second volet de la collaboration entre Florent Marchet et Arnaud Cathrine reste poignant quand il s’attarde sur ses personnages et est presque burlesque quand il dépeint la glaçante extrême-droite rurale. Un album salutaire donc | |
15. Marissa Nadler - Strangers Mine de rien, la discrète Marissa Nadler évolue, prend de l’ampleur et la timide chanteuse folk à la voix aérienne se transforme en artiste majeure, capable de mêler avec succès plusieurs styles (on est à la lisière de la dream-pop par moments) sans se dénaturer. | |
14. Islands - Taste/Should I Remain Here at Sea ? Lequel des deux albums d’Islands est-il le meilleur ? Le plus synthétique ou le plus organique, le plus mélancolique (non, ça c’est les deux…) ? le plus flashy ou le plus discrètement pop ? Impossible de trancher, les deux facettes du talent de Nick Thorburn sont également bonnes, on prend les deux sans hésiter ! | |
13. DM Stith - Pigeonheart S’il n’a plus la même exposition que pour son premier album, DM Stith poursuit dans son coin ses recherches sur une musique lumineuse et mélodique, aérienne et finalement irrésistible. | |
12. Sophia - As We Make Our Way (Unknown Harbours) On avait fini par ne plus attendre cet album de Sophia. De rumeurs en report en morceau magnifique (It’s Easy To Be Lonely qui clôture magnifiquement cet album) lâché au hasard, tout semblait indiquer que Robin Propper-Sheppard avait baissé les bras. Et non, il revient plus puissant que jamais et part en tournée dans la foulée. On ne demande parfois pas mieux que d’avoir tort. | |
11. The Veils - Total Depravity Tout ce qu’on demande à Neil Finn, ce sont des albums dignes pour garder intact l’attachement pour eux qu’on a depuis treize ans. Il a fait bien mieux que ça cette fois avec un album noir et intense, de ceux qui nous rappèlent à quel point on avait aimé Nux Vomica il y a dix ans. | |
10. Vincent Delerm - A Présent Il est maintenant loin le chanteur seul au piano, l’artiste pour professeurs de français. Il a lentement réussi sa mue en chanteur subtil, d’une mélancolie toujours aussi manifeste mais enrobée d’atours quotidiens et délicats. Maturité veut souvent dire ennui mais dans ce cas-ci, il l’a aidé à joindre le fond et la forme. | |
9. Shearwater - Jet Plane and Oxbow Jonathan Meiburg est sans doute un des plus grands interprêtes de notre époque. Son groupe a subi bien des changements, et l’intimité s’était faite ampleur et prend ici la direction des stades. Evidemment, cette voix permet d’emporter la mise sans coup férir et le message politique est moins subliminal qu’il n’y parait. On continue donc à les suivre, à les voir en concert. | |
8. Leonard Cohen - You Want it Darker Les légendes ne meurent pas. Ca, c’est la théorie. Mais Leonard Cohen a eu le très bon goût de nous livrer un album magnifique et profond, qui prend évidemment une tout autre résonnance maintenant. | |
7. Andrew Bird - Are You Serious Jeune père, Andrew Bird produit peut-être son album le plus accessible, celui qui reste enlevé de bout en bout sans en écorner le charme. Si vous ne connaissez pas encore cet immense talent, voici sans doute la meilleure porte d’entrée. | |
6. Rufus Wainwright - Take All My Loves : 9 Shakespeare Sonnets A priori, l’idée de reprendre des sonnets de Shakespeare en version déclamée, lyrique et plus pop est la plus mégalomane et casse-gueule de 2016. Mais le talent et les nombreuses collaborations de Rufus Wainwright (des chanteuses lyriques comme Anna Prohaska ou Inge Keller, des acteurs comme Carrie Fischer, William Shatner ou Elena Bonham Carter, les chanteuses Martha Wainwright et Florence Welsh) montrent la différence entre ambition et prétention. Son talent permet tout décidément. | |
5. David Bowie - Blackstar On vit donc dans un monde sans David Bowie, et ce n’est pas facile. D’autant moins que son ultime album est magnifique, sombre et profond, complexe et évident à la fois. Une façon d’affirmer une dernière fois qu’il est irremplaçable. | |
4. ANOHNI - Hopelessness Il s’appelait Antony and the Jonsons et nous donnait des chansons belles à faire pleurer les pierres. Elle s’appelle désormais Anohni et s’associe à des producteurs de premier choix (Daniel Lopatin) pour nous livrer ce que sont les protest-songs de 2016, des morceaux bien dans leur époque, modernes quand plus rien d’autre ne l’est. | |
3. Conor Oberst - Ruminations C’est dans la forme la plus dépouillée que revient Conor Oberst. Et son talent a rarement été aussi manifeste que sur ces chansons à hauteur d’homme, dépouillées de tout artifice et d’une mélancolie noire. Son Nebraska peut-être, un disque hors du temps et poignant par moments. | |
2. Swans - The Glowing Man L’œuvre des Swans est impressionnante, intimidante même, et il a fallu attendre cette année pour que j’ose m’y frotter. Et comme attendu, c’est immense. Ce Glowing Man est long, tortueux, rude par moments, mais dégage une énergie et une force assez incroyables. Un concert somptueux a confirmé tout ça. Voici donc un des monuments de l’année. | |
1. Okkervil River - Away Will Sheff a beau avoir remplacé presque tout son groupe, il reste fidèle à lui-même. Plus subtil musicalement, toujours sensible dans ses textes, il reste un interprête intense, et semble être comme toujours le complémentaire de son ami Jonathan Meiburg parti assouvir d’autres ambitions. |