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Fufanu - Sports

lundi 27 février 2017, par Marc


Comment réchauffer une musique froide ? C’est une question que beaucoup de groupes ont dû se poser à un moment donné. L’origine islandaise de Fufanu pourrait apporter un début de réponse, tant la faculté de l’île à produire une musique rêveuse est réputée, pourtant ce n’est pas là qu’il convient de chercher.

En effet, cette musique tendue, parfois presque robotique a une autre botte secrète, un passé electro (en tant que Captain Fufanu) parfaitement digéré et intégré. Le résultat est ici plus rond que sur leur premier album. On sent sur Gone For More qu’ils peuvent à l’envi créer de la densité de son.

Le chant toujours étrangement détaché et cette distance permet paradoxalement à des morceaux de décoller tout en rentrant les griffes avant de bondir sur une montée bien sentie (Syncin In). Ils maitrisent de façon impressionnante la montée lente sur Bad Rockets ou Restart et comme ils n’ont pas multiplié les appels du pied sur cet album, ça prend un relief tout particulier.

Facile à aborder finalement, la musique de Fufanu est à une confluence, celle des moments suspendus et vintage tels qu’on pu nous les offrir I Love you But I’ve Chosen Darkness et la fièvre du Fujiya & Miyagi. L’ambiance est cependant un peu différente, moins propre peut-être, plus viscérale et robotique à la fois.

Ce Sports reste au final assez discret, ce qui contraste avec l’abattage du chanteur sur scène. Ils ont visiblement décidé de privilégier la litote sonore, se basant sur une inattaquable solidité plutôt que gonfler artificiellement des morceaux qui n’en ont pas besoin. Quoiqu’il en soit, ce groupe a une vraie personnalité, une vraie particularité qui pourtant semble ne rien devoir aux autres formations islandaises.

Un gros moteur diesel plein de couple et pas pétaradant pour un sou, c’est l’analogie motoriste inspirée par ce second album de Fufanu qui dans le registre sportif de son titre est un athlète d’endurance qui peut démarrer au train dès que la route s’élève.

Article écrit par Marc

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