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Séance de Rattrapage #55 - Foreign Diplomats, m o k r o ï é, My Name Is Nobody

jeudi 13 avril 2017, par Marc


Foreign Diplomats - Princess Flash

Quand on arrive un rien trop tard, c’est qu’on a loupé le coche. Quand c’est plusieurs années, c’est une décision plus mûrement réfléchie. Sorti en 2006, cet album aurait peut-être été noyé dans la trop nombreuse vague des groupes nord-américains qui suivaient Arcade Fire comme le joueur de flûte de Hamelin.

Ceci dit, ce sont ceux qui se sont le plus tôt dégagé de ce sillage qui s’en sont le mieux sortis, avec à leur tête Fanfarlo. Cette évocation n’est d’ailleurs pas gratuite. A un tel point que ça peut en être troublant de ressemblance (Comfort Design). Ceci dit, les Québécois (ils chantent en anglais) se distinguent aussi, avec un bel aplomb, un bon beat dès le premier morceau, voire du groove sur Mexico ou le plus léger Drunk Old Paul.

Pour le reste, on est aussi au Canada, ce qu’on ressent au travers de chœurs bien sentis (Queen+King, Beni Oui-Oui) ou de cuivres mélancoliques qui font mouche. Donc, en remettant au goût du jour des éléments qu’on a aimé, ils se placent d’emblée dans nos amis.

m o k r o i é - Global System error

Ce n’est pas parce que le nom d’une formation ne nous est pas connu que les CV de ses membres ne sont pas impressionnants. m o k r o ï é se présente donc comme un projet collaboratif qui voit le duo de base renforcé par Allonymous (croisé avec Cinematic Orchestra ou Basement Jaxx), le photojournaliste russe Sergey Ponomarev et les batteurs Cyril Atef (M, Bumcello, Alain Bashung...) et Dave Collingwood (Gravenhurst, Yann Tiersen).

Le petit EP propose deux morceaux déclinés en deux versions, en gros une électronique et une plus acoustique, même si ce vocable évoque la présence des batteurs invités. Le phrasé est dans tous les cas plus proche de la déclamation, voire du hip-hop. Tout ça c’est la théorie. En pratique, le son est costaud, puissant, comme une version actuelle de ce que Massive Attack aurait pu devenir.

Un effectif alléchant et pléthorique donc pour un EP qui donne envie d’approfondir le concept mêlant musique, photographie et vidéo (les quatre morceaux sont mis en image ici)

My name Is Nobody - The Beast In My name is Nobody

On vous avait déjà dit tout le bien qu’on pensait de la musique de Vincent Dupas et on a ici une belle occasion d’en reparler avec ce live. Qui d’ailleurs démarre assez remarquablement, de façon sombre et dense avec The Impossible Stroll (issu de The Good Memories) qui tend dans son intro vers un post-rock de bon aloi. Mais il enchaine judicieusement avec Little Chick, morceau plus léger, articulé autour d’une basse entêtante.

Des morceaux qui laissent la part belle aux envolées donc, toujours sur le fil. On ne devinait pas à quel point cette musique pouvait passer le cap du live. On retrouve donc cette conjonction d’une voix placide et de zébrures d’électricité (Devon Avenue Blues), A silence est toujours cette longue plage électrifiée et dense qui dégage une belle impression d’espace. Oui, cette musique est surtout une affaire d’évocations, même quand ce sont de jolies choses, simples et articulées qui profitent de l’électricité pour s’élever (I’ll Be Around). A cet égard, entendre tous ces morceaux à la suite apporte de la cohérence. La voix y apparaît comme moins proche de celle de Vic Chestnutt, figure tutélaire assez marquée sur album.

Un petit bilan avant d’évoluer, c’est comme ça sans doute qu’il convient d’appréhender cette sortie puisqu’un troisième comparse Hugo Allard vient renforcer Vincent Dupas et Pierre Marolleau avant d’enregistrer en trio un album qui nous fait d’ores et déjà très envie.

Article écrit par Marc

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