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Leonard Cohen : Songs Of Love And Hate (1972)

vendredi 23 juin 2006, par Marc


En général, c’est un chanteur plus ou moins connu qui profite de sa notoriété pour imposer sa prose bavarde et plutôt pelante (je pense aux écrits dispensables de Jim Morrisson et Bob Dylan). Ici, c’est le contraire ; un écrivain se met à la chanson avec un bonheur certain.

Comme souvent dans le cas de la musique folk, les premiers essais plus dépouillés sont plus réussis. Troisième album après notamment très abouti Songs from a room, il représente un peu tout ce que j’aime chez le Canadien. Contrairement à ce que fais d’habitude, c’est en l’écoutant que j’écris. La voix à elle seule vaut le déplacement. Chaude, désabusée mais réconfortante, rendue à sa grâce originelle par la technologie du CD (je possède aussi le vinyle mais malgré mon attachement à ce support, force est de constater que le temps a fait plus de tort que de bien à mes disques noirs). Cette voix grave pourrait exprimer toute la douleur du monde mais elle ne le fait que très rarement. Les textes sont travaillés, ciselés dans les moindres détails, c’est un chanteur à écouter. Mais si vous n’y comprenez pas grand-chose, l’effet sera exactement pareil. Même dans la plus noire des solitudes ou dans un moment de partage intense, il sera là et vous serez bien. Avalanche ouvre cet album. Pour les amateurs de curiosités, sachez qu’il ouvre aussi Your funeral, my trial de Nick Cave.

On se rend alors compte qu’il sait aussi manier une guitare ; mais ne vous y trompez pas, ce n’est pas un type seul dans son grenier avec un magnéto, une touche subtile de violon ou de chœurs vient relever le propos. Et on se fait la réflexion que malgré des réussites plus tardives (Everybody knows, qui marque de sa présence des films aussi différents que Pump up the volume ou Exotica de son compatriote Atom Egoyan, Aaaah, la scène avec Mia Kirshner en écolière… mais je m’égare…), c’est sur ce disque et nulle part ailleurs que l’alchimie est à son comble. Partagez donc ce moment de grâce. Ecoutez de ma part Famous blue raincoat. Allez en paix. (M.)

Article écrit par Marc

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