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Ride - Weather Diaries

lundi 4 septembre 2017, par Marc


Le point d’entrée d’un groupe, l’album qui nous l’a fait découvrir, est loin d’être anodin, et conditionne l’image qu’on en aura pour le reste de leur carrière. Quand on découvre leurs débuts, tout va bien, mais il arrive qu’on l’aborde par la bande sans le vouloir. C’est ainsi que j’ai découvert Jesus and The Mary Chain via leur atypique Stoned and Dethroned et Ride à travers Carnival of Lights pour découvrir après que cet album décrié (mais que j’aime beaucoup) était établi bien loin de leur camp de base. J’ai depuis découvert leurs albums les plus connus avec un plaisir certain, mais ce sont eux qui me semblent étranges.

Après les retours de My Bloody Valentine et Jesus and The Mary Chain, voici donc un troisième vétéran de la pédale disto qui entérine sa venue par un nouvel album. Pour être tout-à-fait honnête, c’est plus la curiosité qu’une attente fiévreuse qui domine.

On se surprend à penser plutôt à New Order sur Lannoy Point qu’à la vague shoegaze. Le chant effacé, le rythme soutenu, les guitares qui s’érigent en riffs aigus plutôt qu’en infranchissables murs, il y a bien des choses qui ramènent à la façon de la bande à Sumner. Historiquement aussi, le chant a toujours été le maillon faible de la formation mais sur album, ce n’est presque pas détectable. Tout au plus White Sands est à la limite de leurs possibilités.

Et puis question murs hérissés, on a connu pendant le hiatus de Ride des constructeurs bien plus acérés et terrifiants, chez A Place To Bury Strangers par exemple. Ne pouvant vraisemblablement pas rivaliser dans cette course aux armements, ils ont choisi plus de bienveillance et de propreté, notamment en allant dégoter Erol Alkan à la production. On le constate notamment dans la langueur de Weather Diaries qui se termine dans un maelstrom sonore un peu trop propre pour susciter l’émotion. Les guitares mélodiques restent résolument à l’avant-plan.

Par contre, le dernier morceau de 25 minutes ne se révèle pas passionnant. Question de contexte sans doute, on aurait sans doute été plus réceptifs sur un album des Legendary Pink Dots pour ce type d’expérimentations.

Il faut être honnête, lors du prochain retour de Ride dans dix ans, on aura sans doute oublié cet album, pour les mêmes raisons qui nous font oublier les pourtant beaux albums de The Engineers ou Film School. Pour l’instant, on profite de moments bien sympas quand Silver Symphony prend un peu de hauteur. On se contente donc du présent en sachant que la trace laissée sera faible.

Article écrit par Marc

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