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Séance de rattrapage #60 - Darto, Rubyfruit, unhappybirthday

lundi 23 octobre 2017, par Marc


Darto - Human giving

Human Giving du groupe de Seattle Darto fait partie de cette perturbante catégorie d’album finalement plus compliqué à cerner qu’à écouter. Vaporeux sans être évanescent, leur style passe aussi par un psychédélisme de bon aloi, libre sur Guiding Light mené par une petite flûte, voire carrément un kraut en roue libre sur Within/Without en passant par les accents pastoraux d’American Storyteller.

La voix féminine est proche de Laetitia Sadier, donc très familière et accueillante. La voix masculine évoque une version plus douce de Nick Cave (Fell Ill a une mélodie qui pourrait avoir été écrite par le maître australien). Evidemment, l’effet est moins tortueux ici mais on est à des lieues du gentillet et ce n’est pas dommage.

L’effet est connu, quand un album intrigue sans rebuter, il faut plusieurs écoutes pour se faire un avis. Lequel est positif puisqu’on a pu y revenir souvent. Darto est donc un faux mystère qu’il n’est même pas nécessaire de percer pour en profiter.

Rubyfruit - Half Moon

Oui, malgré les quantités invraisemblables de musique qu’on écoute, il est toujours possible de trouver une vraie fraicheur. Celle distillée d’emblée par le duo de Denver (Jenny Posnak et Kate Hamilton) semble inattaquable.

C’est ça qui plait, une sensation que tout est charpenté dans le fond et léger dans la forme (Aberdeen). Et Ivory Tower nous rappelle pourquoi on avait tant aimé The Dodos. On retrouve tout l’allant du duo californien, la capacité à faire monter une sauce sur une guitare acoustique et une batterie qui s’emballe, le malin plaisir à varier les tempos, à calmer le jeu pour mieux pouvoir le relancer.

Leur plus évident trait caractéristique, ce sont les belles harmonies vocales des deux protagonistes. Côté timbre, on pense aussi à Hannah Peel.

C’est en tous cas très intelligemment orchestré, avec ce qu’il faut de pulsation pour ne pas tomber dans le pastoral tout en préservant la fraicheur, laissant de la place pour une montée en bonne et due forme (Aberdeen). Il leur faut très peu d’éléments pour installer leur intensité sans avoir l’air d’y toucher (Red Dog) et elles ne tentent pas de passer sur la vitesse (Daddy Longlegs). On se met d’ores et déjà sur la liste d’attente d’un album

unhappybirthday - Kraken

Si le nom du groupe est celui d’une chanson des Smiths, ce n’est pas ce pan des années ’80 qu’évoque le trio de Hambourg unhappybirthday. Notes aigrelettes et cold, une basse qui bourdonne placidement dans le fond, du synthé joué du bout des doigts, on est dans une cold-wave un peu synthétique, assez orthodoxe et bien fichue.

Sans doute qu’une des raisons est la réaction du groupe face à la course aux armements sonores qui les a poussés à enregistrer directement sur bande, à l’ancienne. Plus qu’un gadget, cette façon de faire se sent dans l’authenticité des compositions. Evidemment, les amateurs que nous sommes ne pourront s’empêcher de penser à Love Will Tear Us Apart sur Kraken (forte batterie synthétique) , aux tout premiers New Order sur Fargo et noter le côté curesque de la guitare de Centauri.

La voix est planquée au fond du mix et est uniquement teutonne. Ca colle très bien à l’ambiance comme ça et en atténue l’aspect pop, on adore.

Quand on produit une musique aussi référencée, il faut des atouts pour ne pas passer pour des suceurs de roue. L’usage d’une langue allemande très pertinente et un son presque organique et ne cédant pas à la mode de la course aux armements en font une bonne raison en plus de morceaux bien composés pour découvrir le trio teuton.

Article écrit par Marc

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