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Séance de rattrapage #61 - Barnill Brothers, Rocky Wood, Wyatt E.

mercredi 6 décembre 2017, par Marc


Barnill Brothers - Parallels Lives

Pas d’hybridation compliquée chez les Bruxellois de Barnill Brothers, on aborde frontalement un folk-pop bien assumé. Donc pour que ça marche, il faut des mélodies et on les trouve ici, pas de problème. Oui, il y a même de l’harmonica sur All The Way Back Home qui est bien efficacement relevé de cordes. Dans nos compatriotes, on pensera surtout à Dan San première période, quand l’ampleur supérieure n’était pas encore là. Les voix sont en place, assez belles et l’accent est crédible, ce qui est un plus.

The Favorite Bastard était le morceau mis en avant pour la promotion de cet EP et on comprend pourquoi, il a les qualités requises pour montrer de quoi ils sont capables mais si c’est ce qu’on y entendra de plus enjoué, certaines autres plages me semblent plus convaincantes encore. Par exemple quand le plus élégiaque Nowhere Near se pare d’une pointe d’électricité.

On avait aimé leur reprise du Show Must Go On de Queen, le type d’idée casse-gueule qu’ils avaient assumé avec sérieux et réussite. On la retrouve avec plaisir ici. Evidemment, Barnill Brothers assume son orientation folk-pop et la délicatesse qui va avec. Si c’est un genre qui vous plait, n’hésitez pas.

Rocky Wood - OK, No Wait

De la douceur et un peu de pulsation, on pense tout de suite à The XX sur le dernier EP de Rocky Wood. Ces derniers étant partis dans des voyages plus flashy, on est spécialement contents de trouver chez ce groupe helvetico-américain une déclinaison plus acoustique de ce qui nous avait tant plus chez le trio anglais. La décalque n’est évidemment pas à l’ordre du jour, les ressemblances se situant dans des voix dédoublées et mixtes donc, sons plutôt froids mais pas trop. C’est surtout sa voix à elle et les arpèges qui forcent cette comparaison.

Au final, on obtient une belle chose un rien mélancolique (White par exemple), avec un petit beat pour rendre Bail Out bien agréable et le laisser dérouler en roue libre sur des nappes de synthés. Ceux qui déplorent le virage pris par Jamie XX et ses comparses trouveront ici de quoi retrouver cette fausse froideur tellement humaine et des morceaux à hauteur d’homme qu’on peut laisser tourner à l’envi.

Wyatt E. - Exile to Beyn Neharot

Ne tournons pas inutilement autour du pot, ce que propose le trio liégeois Wyatt E. est du post-rock, lancinant, lourd et lent, et c’est ce qui fait sa force. Moins organique dans le son que les modèles comme Godspeed, il en fait aussi une spécificité et un moyen d’éviter toute confusion.

Les deux morceaux font ici plus de 19 minutes chacun, inutile d’ajouter qu’il y a toute la place pour installer le climat. Mais ce désert mouvant présente aussi quelques solides rochers. Lancinants, dont l’escalade est rude mais gratifiant. De brusques variations aussi, avec une distorsion en partie électronique (Nebuchadnezzar II).

Des influences orientales, ce n’est non plus nouveau si on veut se rappeler les réalisations de formations comme Esmerineou Oiseaux-Tempête. Cette inclinaison est plus manifeste dans le second morceau Ode to Ishtar. Elle n’est d’ailleurs pas là pour la couleur locale mais pour donner une coloration à une musique fort marquée par la distorsion.

De façon surprenante, cet album sorti chez Shalosh Cult est booké et managé par Jaune Orange qu’on a rarement connus aussi sombres. Mais c’est un détail pour l’amateur du genre qui trouvera deux grosses pièces qui gardent le cap d’une revigorante lourdeur teintée d’orient.

Article écrit par Marc

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