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Séance de rattrapage #62 - Korto, R.Missing, Soft People

vendredi 8 décembre 2017, par Marc


Korto - Korto

Ce n’est pas qu’une question d’analyse combinatoire, mais les mélanges tentés ces trente dernières années ne semblent même pas s’essouffler. Le trio français Korto nous propose ainsi un chouette mélange entre vocaux très éthérés et une rythmique aux aguets.

La pulsation clairement kraut dès Hot Rock. Et c’est une excellente nouvelle, la conjonction marche en plein. La dream-pop a en effet parfois tendance à s’engourdir et ça ne peut absolument pas être le cas ici.

Dans certains cas, on confine à une certaine forme de psychédélisme, y compris dans les longues plages instrumentales (A40). Il y a aussi occasionnellement une vraie légèreté dans la composition. Track 2 pourrait être un morceau psychédélique sixties mais la grosse basse en avant en fait quelque chose de plus percutant et moderne. A l’opposé, certains passages instrumentaux proposent une vraie poussée (Fresque).

Passage en force d’une musique rêveuse, tentative réussie d’hybridation entre l’éthéré et le solide, ce que réalise Korto dépasse la simple curiosité parce que l’aplomb avec lequel ils abordent ce croisement de style tient tout au long de cet album.

R. Missing - Unsummering

New-York est le terreau d’une musique sombre et brutale (Suicide, ce genre) mais une fois filtrée par les années ’80 et le retour d’une new-wave synthétique, elle revient au bercail, notamment via cette mystérieuse formation R. Missing dont on ne sait finalement pas grand’chose. Mais ce n’est pas trop important. Ce que Toppy et la chanteuse Sharon Shy nous livrent est assez facile à appréhender.

Cet EP repose en partie sur une belle voix féminine profonde, sur la langueur qu’elle peut provoquer plutôt que des rythmes robotiques. La musique reste à dominante cold mais sait se faire enveloppante. Les synthés sont en nappes, le son plutôt ample, supportant des structures plus denses (Mostly Back, Mouser) ou plus languides (Birthright). On se remémore notamment les grandes heures de Ladytron, surtout quand l’entrain est supérieur. Leur single Kelly Was A Phillistine est dans ce cas et dégage un charme vraiment intemporel qui fait de cet EP (sorti chez Talitres) un conseil facile pour ceux qui apprécient le genre.

Soft People - American Men

Ce n’est pas dans les habitudes de la maison de citer la documentation de presse, mais le duo américain revendique du ‘Midlake des débuts ayant un enfant avec Broadcast et Clinic et Deerhoof et Boards of Canada’. On n’est pas bien avancés sinon pour dire que c’est un curieux mélange présenté avec une belle verve.

American Man m’a un peu fait penser à Here Comes Your Man des Pixies, ce qui n’est vraiment pas la référence la plus souvent usitée en ces colonnes. Ceci dit, ils en ont la coolitude et c’est fort bien comme ça. On parle donc de rock alternatif bien détendu, avec Une pulsation et beaucoup de rythme d’emblée (16 Years of Somewhere Else), souvent sautillant, solide dans le rythme et faussement branque. Le tout dans un emballage presque pop (Golden Age of Television) ou plus apaisé (Man With A Gun).

Il y a des plages plus délirantes, très triturées (Baby) qui pourront rappeler les exercices d’Atlas Sounds. En tant que musique de frontières, d’ailleurs, on peut donc rapprocher ceci de la démarche d’un Bradford Cox (Atlas Sounds donc, mais aussi Deerhunter), avec plus de fantaisie encore (et un rien moins de génie peut-être) et le même goût pour une musique ‘aquatique’ très prisée il y a quelques années. Les plus anciens songeront aussi à Soul Coughing et tous s’accorderont pour dire que cette variété et bien vivifiante.

Article écrit par Marc

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