vendredi 22 décembre 2017

‘On dit que l’art est expérimental quand l’expérimentation a raté’. C’est une citation qu’on dégaine souvent parce que sa pertinence se révèle souvent utile. Et elle vient à point pour le dernier album de Jean-Louis Murat. Avec 12 albums critiqués, on ne peut pas dire qu’on le découvre pourtant il a très clairement visé la surprise avec cet album étrangement intitulé Travaux sur la N89. On l’a déjà connu aventureux, soit dans des projets à priori surprenants (on a oublié ce Madame Deshoulières avec Isabelle Huppert) ou dans des relectures live s’éloignant sensiblement de son camp de base (Murangostang).
Ajoutons aussi que ces colonnes relatent souvent des album pas franchement accessibles ou mainstream et que dans un passé très récent, on a pris du plaisir à retrouver les circonvolutions de Bjà¶rk ou St Vincent. Vous l’aurez compris à cette longue mise en place précautionneuse, on ne veut pas avoir l’avis lapidaire de celui qu’on a bousculé dans ses habitudes. Parce qu’il faut dire que les derniers albums de l’Auvergnat se suivaient avec un certain bonheur sans vraiment surprendre. On l’a souvent retrouvé dans une posture de Neil Young hexagonal, très libre et le loner canadien a aussi tenté quelques échappées.
Cependant, si on salue cette démarche fondamentalement libre, on a de la peine à s’enflammer sur le résultat. Ce n’est donc pas qu’on s’offusque, c’est qu’on s’ennuie un peu. Comme il n’a pas la fantaisie de, disons, Kevin Barnes, on reste sur sa faim. Surtout que ce dernier n’est jamais aussi bon que quand il resserre les vis de ses albums d’Of Montreal. De plus, ses textes pas toujours clairs et sa diction rentrée s’accommodent bien de ses talents de musiciens et d’un certain classicisme mais se retrouvent ici dans un contexte plus déstructuré et ajoutent une couche d’imperméabilisant sur ce textile déjà bien étanche à l’émotion.
Dans ce contexte cependant, on ne peut que saluer le retour de Morgane Imbeaud (Cocoon) qui apporte une vraie touche d’humanité, notamment à Cordes. Rien n’irrite ici, précisons-le, et on dénote son lot de surgissements, un Garçon qui part bien, une belle dose d’allant sur Alamo, la sensation de totale apesanteur de la plage titulaire. Mais certains arrangements électroniques ou la grosse guitare sur O Sole Mio dénotent plus d’envie que de cohérence.
Cet album ludique est aussi imperméable à l’émotion, ce qui est un risque de l’expérimentation. De plus, sortir de sa zone de confort implique ici de sortir de sa zone de compétence. En gros, on applaudit autant la démarche qu’on déplore le résultat. Mais on sait qu’il y aura encore beaucoup d’albums, accessibles ou pas, qu’on suivra de toute façon avant sans doute d’oublier cette étrange et pas passionnante cuvée 2017.
Ce n’est pas parce qu’on a déjà beaucoup fréquenté un artiste qu’on ne peut plus être dérouté. Après quatre albums (beaucoup) écoutés, cette nouvelle proposition d’Olivier Savaresse a demandé un peu de temps pour nous devenir pleinement familière.
C’est le chant qui déconcerte le plus, même si on est déjà bien familiers de son œuvre. Les textes sont ciselés mais plutôt descriptifs et ils (…)
Elle est étrange, cette façon très française d’incorporer beaucoup d’ancien dans la musique moderne. Sans doute pour opposer une proposition plaisante face à l’hégémonie du rap, des artistes émergents mêlent une forme un peu moderne à des thèmes et surtout une façon de chanter très ancrée dans une tradition très vieille. Que ce soit Claude, Zaho de Saghazan ou Clara Ysé ou encore Eddy de (…)
Brèche de Roland, ce nom étrange a résonné longtemps, malgré le temps qui passe et les centaines d’albums écoutés. C’est dire que cet EP avait marqué. Coraline Gaye revient sous son nom propre pour un premier album qui entérine définitivement un grand talent.
La chose qui frappe d’emblée et se confirme au long des écoutes est le relatif dépouillement qui laisse une grande place à sa voix, (…)
Cela fait un petit temps qu’on suit Kloé Lang. Découverte par ses étranges reprises de Barbara et Janis Joplin dans le cadre d’un spectacle et puis un EP de chansons, voici qu’elle revient avec cet EP qui affine encore son style.
La belle voix délicate reste mise en avant, poussée par des mélodies plutôt tortueuses. Par rapport à des autres artistes d’un genre comparable (Solann ou Coline (…)