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Séance de Rattrapage #63 - The Rural Alberta Advantage, Oliver Spalding, Utro

mardi 9 janvier 2018, par Marc


The Rural Alberta Advantage - The Wild

Voix éraillée qui s’époumone, batterie très poussée en avant, The Rural Alberta Advantage est plus que ça, bien entendu, mais on les distingue comme ça aussi. Et les choses partent très vite, comme sur tous leurs albumsdu reste. Beacon Hill est tout ce qu’on aime chez eux, la raison de notre retour systématique.

On retrouve donc tout cet allant, cette force de persuasion, cette énergie. Qui peut aussi se teinter de mélancolie et faire mouche sur Toughen Up. Dead/Alive quant à lui nous rappelle qu’on a aimé les Levellers, il y a longtemps. Même quand le tempo se ralentit, l’intensité ne faiblit pas (Alright) et sert aussi à relancer le morceau (Letting Go)

Ce n’est donc pas un album abordé intégralement avec le doigt dans la prise mais avec un cœur gros comme ça. Autant d’allant peut aussi fatiguer un peu mais quand c’est le seul point faible qu’on discerne sur un album, on ne peut que s’en féliciter. Le forcément sympathique groupe canadien se rappelle à notre bon souvenir et on se rappelle album après album pourquoi ils nous sont si chers.

Oliver Spalding - Unfurl

La jeunesse n’est pas un argument recevable si elle n’est pas accompagnée d’un talent précoce. Et puis il est plutôt réjouissant de penser que l’Anglais n’a que 21 ans tant ces quatre titres font plus que promettre.

Cet EP est produit par un certain Ed Tullett (23 ans) dont on vous avait déjà dit du bien. Assez logiquement, on retrouve certaines des qualités de Fiancée et du très beau Heiress qu’il a signé avec Novo Amor (on en reparle très bientôt). Notamment la délicatesse de la voix et la légèreté des arrangements. Ne soyez donc pas surpris d’y retrouver quelques traces de James Blake, du Bon Iver récent aussi. C’est donc une voix haut perchée, délicate sur un lit d’arrangements électroniques, ce qui fait le sel de tout ce qu’on a cité jusqu’ici.

Il y a de plus une vraie progression sur cet album, avec un Unfurl qui explose pas mal. S’il est très référencé pour le moment, on a sans doute aucun affaire à un très grand talent. Déjà bien épaulé par Ed Tullett (troisième belle chose à son compteur personnel), il nous réserve sans doute de belles choses mais pour le moment, on usera ces quatre titres.

Utro - Third Album

La découverte d’Utro a fait ressurgir bien des souvenirs du passé. Depuis, on a découvert la formation ‘de base’ Motorama et bien aimé ça. L’emploi de la langue russe est évidemment un marqueur fort pour Utro mais les différences avec Motorama ne s’arrêtent pas là, ce qu’on entend ici est plus sombre, métronomique et brut. Plus intransigeant quoi.

Dans cette musique, la basse occupe logiquement les avant-postes. Elle rebondit sur Forgive, est toujours bien présente sur Such Eyes mais inspire plus de crainte que d’envie de dancefloor et rebondit aussi sur Tsar. I’m Flying (Мне Снилось, Что Я Спал pour les pointilleux russophones de mon aimable lectorat) est tendu, pas loin du krautrock, même s’ils abrègent volontairement les potentiels chorus. L’effet de ce post-punk sous tension peut aussi être hypnotique.

Au final, les univers de Motorama et Utro sont à la fois proches et complémentaires. Ce troisième album confirme leur volonté de ne pas édulcorer le propos, de livrer tels quels des morceaux qui ne nécessitent nullement une autre approche moins brute.

Article écrit par Marc

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