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Morrissey - Low In High School

lundi 15 janvier 2018, par Marc


Attention, les résultats du passé ne garantissent pas les performances futures.

Cet avertissement obligatoire qui clôture les publicités radio pour les investissements résonne avec acuité quand les hasards du calendrier mettent sur le marché une mise à jour de The Queen Is Dead et du dernier album solo de Morrissey. Ecouter le premier le confirme à chaque fois comme un album imparable, à la lisière de la perfection et donne un éclairage moins reluisant sur son lointain descendant. Ce qui est un peu dommage parce qu’après moultes écoutes, ce Low In High School ravira les fans du Moz, lesquels seront sans doute les seuls à s’y pencher.

My Love I’d Do Anything For You entame en tous cas bien les hostilités, avec une belle dose d’allant. Il garde évidemment tout son désespoir sous-jacent sur Jacky’s Only Happy When She’s Up On the Stage. Quand le fond est un peu désespéré, il est toujours préférable de montrer une bonne motivation. Il essaie même des trucs musicalement même si la mélodie et le chant restent les mêmes sur le plus enlevé Bury The Living). On connaissait le bien chouette Spent The Day In Bed qui apporte ici une dose de légèreté. Au rayon des choses qui plaisent vraiment, on signale Home Is A Question Mark en belle chose languide et la bonne idée d’utiliser le piano comme instrument de base sur In Your Lap.

Il a évidemment toujours une grande voix, on ne le rappelle peut-être pas assez, ce qui nous assure des mélodies que lui seul peut assumer (When You Open Your Legs). Cela dit, on est toujours un peu troublés par l’aspect direct de certaines assertions d’I Bury The Living (Give me an order !/I’ll blow up a border/Give me an order/And I’ll blow up your daughter) qu’il ne faut sans doute pas prendre au pied de la lettre au contraire du plus positif All the Young People Must Fall in Love.

Parce qu’il a un côté pile. Et la contrepartie à ses fulgurances tranchées est une série de prises de position qui ne suscitent même plus l’indignation, mais une lassitude résignée. En matière de politique ou de société, on fait tous semblant qu’il plaisante ou que son humour est corrosif, on tourne la tête pour ne pas le traiter de vieux con. Bon, on s’est habitué à cet état de fait mais par exemple parler des ennemis d’Israël en disant que ce sont juste des jaloux, c’est un peu court pour rendre compte du drame et de la complexité infinie de la situation là-bas.

Donc cet album a ses forces et ses faiblesses mais se place en ordre utile dans la longue série des albums solo de Morrissey. Pas dénué de ses tics et toujours discutable dans le fond, il a suffisamment d’élan pour mettre en valeur ses grandes qualités de vocalistes et ses surgissements. Une bonne cuvée pour lui de toute façon, une porte d’entrée éventuelle pour ceux qui ne connaîtraient pas, lesquels doivent de toute façon plonger sur The Queen Is Dead, chef-d’œuvre qu’on ne doit pas forcément adorer mais qu’il serait dommage d’ignorer.

Article écrit par Marc

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