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Séance de rattrapage #64 - May Roosevelt, Typo Clan, Will Samson

lundi 12 février 2018, par Marc


May Rooselvelt - Junea

Vous le savez, la Grèce s’est révélé à nous comme une surprenante source de nouveautés. On en a déjà parlé et on en reparle encore très bientôt. Il parait que l’instrument de prédilection de cette May Roosevelt est le theremin. C’est un détail sans doute, surtout que ce qu’on entend ici n’en emploie pas vraiment, mais donne une bonne idée de versatilité qu’on retrouve tout au long de ce court LP Junea.

Ca frappe pas mal d’emblée, c’est dense, fort. Air est dans cette mouvance de synthwave dans sa forme la plus intransigeante, et, partant, moins caricaturale. Assez placide cependant, elle ne vise clairement pas le dancefloor. Dans les réussites du style, on penche plutôt du côté de Soft Metals ou plus récemment Jeanne Added pour le côté franc et direct même si on n’atteint pas la même constance que ces deux modèles. Par contre, il y a plus de variété, les entrelacs étant aussi mis à l’honneur.

Autre différence aussi, la voix est plus effacée, conférant une jolie mélancolie à Flowers et apportant un beau contrepoint à Tides. Donc si une large palette de pop au synthé vous intéresse, vous allez découvrir des choses ici.

Typo Clan - Standard Cream

S’il est très compliqué de décrire Typo Clan, c’est parce que le duo italien se place dans une lignée de bidouilleurs qui eux-mêmes brouillent les pistes et pratiquent le mélange comme un art majeur. Citons Menomena pour Soulful, Yeasayer qui aurait pris ses cachets et, évidemment, celui qui a mis cette belle verve au goût du jour, à savoir Beck.

On ne peut s’empêcher de pense au célèbre scientologue sur The Tune, les voix multiples (refrain décalé et voix féminine en renfort) sont en tout cas un point de rapprochement évident. On est donc dans les chemins de traverse du hip-hop, ceux que fréquentent aussi Gorillaz., faisant la part belle aux sons réverbérés (Slow West) et ne reculant pas devant un vrai solo étrange sur L.U.M.A.

Osons le dire, les références citées ici sont tout bonnement inaccessibles, mais en tentant de percer le mystère du duo italien, les écoutes se sont succédées avec un plaisir certain. Si la pop déviante est votre truc et qu’un des exemples mentionnés vous plait, n’hésitez pas.

Will Samson - Welcome Oxygen

De la délicatesse, une voix de tête, on ne peut pas dire que l’univers du désormais Bruxellois perturbera les habitués de nos colonnes. Après le délicat Ground Luminisity, Welcome Oxygen pousse encore plus loin le curseur vers une douceur jamais démentie.

Sur cet album composé en dix jours d’une intense créativité, on pensera aux premiers Bon Iver mais sur des structures plus denses. On s’éloigne de la musique de feu de camp pour entrer dans ce qu’il est convenu d’appeler le folktronica. On retrouve cette délicatesse dès Shimmer (Day Two), avec un rien de cordes pour souligner. Le son semble volontairement flou sur Forestry (Day Four) et son arpège qui bat la mesure comme un battement de cœur.

Il faut le souligner, il n’y a ni moments faibles ni tuerie ici. N’en déduisez cependant pas la monotonie, les mélodies varient, les arrangements légers aussi, faisant de cet album un moment de délicatesse rare.

Article écrit par Marc

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