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Séance de Rattrapage #65 - Little Tornados, Ought, Jonathan Wilson

jeudi 15 mars 2018, par Marc


Little Tornados - Apocalypse !

Second album du projet initié par un certain David Thayer qui a commencé sa carrière sur la scène techno, Little Tornados semble un bon terrain de jeu pour personnalités jouette. La plus connue est évidemment Laetitia Sadier qu’on retrouve ici à la basse (assez présente) et sur quelques lignes de chant. Il faut dire que Thayer est aussi intervenu sur ses deux derniers albums.

D’emblée, Venture part dans plein de sens à la fois, un peu dans la même mesure que les Of Montreal déconstruits (on y pense sur les chœurs du très évanescent I Disapear). Il y a donc de la pop un peu tordue donc, occasionnellement remuante et souvent inventive. Mais l’album reste placide et ludique. Un album très libre donc, ce qui ne veut aucunement dire débraillé. On croisera donc de la pop barrée avec chœurs (Texas) ou des morceaux plus éthérés (Ursa Major). La voix en retrait pourra même évoquer Wire (Venture). Plus dans l’esprit que dans la lettre d’ailleurs, le son est radicalement différent

On ne va pas se mentir, cet album se destine surtout aux esprits curieux. Ceux qui aiment les circonvolutions et les idées qui fusent vont avoir des choses à se mettre sous la dent, les autres devront rassembler beaucoup d’attention.

Ought - Room Inside The World

On a tous nos affinités électives qui jouent d’autant plus que le charme d’un groupe est personnel et difficile à décrire. Cela dit, le second album des Candiens d’Ought avait mis pas mal de monde d’accord. En rappelant de bien bonnes choses comme Sonic Youth (pour les guitares libres) ou Wire (pour la compacité), ils avaient d’emblée fait mouche.

Si leur style ne semble pas tellement modifié, les deux figures tutélaires ne sont plus d’actualité, même si on retrouve avec un vrai plaisir des poussées de guitare sur Take Everything qui semblait proche de la perte de vitesse ou si Pieces Wasted pourrait être du Wire de dimanche après-midi. Le résultat semble forcément très détendu et à notre époque, le terme peut aussi recouvrir ce post-punk débraillé. Dans les références forcément cool, il y a parfois un petit air de Strokes mais sur une couche de son plus épaisse (Disgraced in America).

La voix très affectée de Tim Darcy est particulière et peut amener d’étranges rapprochements occasionnels. On a ainsi l’étrange sensation d’entendre Will Sheff chanter sur Pieces Wasted mais il peut aussi sembler le chaînon manquant entre la gouaille d’Eddie Argos (Art Brut) et la distance de Simon Balthazar de Fanfarlo (Desire).

Ought cherche sans doute à être le groupe le plus cool de l’univers. En resserrant les boulons, en laissant la voix aussi libre qu’elle le peut et en se débarrassant d’encombrantes figures tutélaires ils semblent mettre toutes les chances de leur côté mais si la sympathie ne s’en trouve pas écornée, on s’est surpris à ne plus être vraiment captés.

Jonathan Wilson - Rare Birds

Mine de rien Jonathan Wilson n’est pas pour rien dans la définition du son de notre époque. Ou plutôt, de certaines de ses orientations. En tant que musicien tout d’abord puisqu’il a officié aux côtés de Vetiver ou Roger Waters mais aussi en tant que producteur pour Waters, Conor Oberst ou Father John Misty, il a contribué à raffiner cette tendance à s’inspirer des années ’70 pour un résultat léché, léger et souvent inspiré.

Ses albums solo sont logiquement baignés de cette ambiance, dans un genre dont les meilleures réussites s’appellent aussi Wilco(ou Tobias Jesso oseront certains).Sa marque de fabrique est une légèreté jamais prise en défaut et quand c’est très évanescent, il monte le niveau par un chorus vraiment maitrisé (Me). La classe consistant ici à cacher la complexité dans une forme accessible (Loving You).

Bon, on est moins friands de slide qui pourtant s’insère parfaitement dans son style (Hi Ho to Righteous) mais quand le tempo prend un peu de vitesse, on lâche prise, complètement (There Is a Light). Juste retour des choses sans doute, les accalmies de Trafalgar Square ont un air de Pink Floyd indéniable.

C’est dingue comme la musique légère semble réclamer du doigté et de la maîtrise. Celle de Jonathan Wilson est assez éclatante. On est parfois à la limite du plaisir coupable mais la plus belle des performances et de faire passer les morceaux et leur beauté devant l’exercice de style.

Article écrit par Marc

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