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Duck Duck Grey Duck - Traffic Jam

lundi 19 mars 2018, par Marc


Si les albums trop courts peuvent se révéler frustrants, ceux qui sont trop copieux sont presque toujours indigestes. Mais il y a des façons intéressantes de contourner le problème et ce que propose le stakhanoviste trio suisse est une excellente solution. Le double LP vinyle a au moins un intérêt pour le séquencement et la séparation des 25 morceaux en 4 entités distinctes selon le style pratiqué. On note donc à la fois une énorme ambition, une envie qu’on devine immense et une grande liberté aussi.

Le volet Acid & Sweat propose un rock un peu kraut, une pulsation groove assez agréable au fond, montrant que le batteur est bien dans son match. Face Of Love bien relevé, avec un chorus de très haut niveau et une voix haut perchée. C’est tendu et détendu en même temps, permettant à Traffic Jam de retrouver l’esprit de vieux Stones, ceux qui étaient infusés par la soul.

Sans surprise, Back Beat est plus direct, avec quelques synthétiseurs et se présente comme le versant le plus immédiat. Ça groove donc, avec une touche de soul blanche de disco-rock et une touche de psyché sur Clash Fuzz. On y retrouve même Talking Gun en instrumental articulé autour d’une grosse basse.

Comme son nom l’indique French Collision propose des morceaux dans la langue de Damso. Mais leur style ne s’en trouve pas radicalement changé pour autant puisqu’on a une chorus groove et psyché sur Contrevent. Ils pratiquent aussi le rockabilly insistant sur Bel Oiseau et s’amusent à triturer cette vieille scie d’Aux Pays des Merveilles de Juliet.

La tranche Pop & Fast semble par contre être moins prise au pied de la lettre puisque le ‘fast’ ne s’y retrouve pas toujours, Meet Me In The City étant assez lent. Par contre c’est plus léger, moins dense aussi sans les longs passages instrumentaux remplacés par des chœurs (Marmara). Le reste oscille entre un ton plus garage/psyché (Earth Collision) et du rock cool et ensoleillé (Bounty Beach). Vous aurez compris que ce n’est pas le volet qui nous a le plus enflammé parce que le petit grain de folie et de tension y est moins présent.

Voilà donc une excellente idée de répartir les morceaux par genre pour que l’ingestion de ces 25 morceaux en soit facilitée. On peut également envisager une écoute fractionnée en fonction de l’humeur. Mais ce n’est qu’un séquencement et est au final secondaire. Quand on aborde le fond (les morceaux) on réalise à quel point leur facilité à maitriser les sous-genres leurs nuances est manifeste et on gobe tous ces morceaux d’un coup d’un seul, enchainant les petits paquets comme autant de gourmandises.

Article écrit par Marc

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