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Barbara Carlotti - Magnétique

mercredi 2 mai 2018


Après un très convaincant L’Amour, l’Argent, le Vent, Barbara Carlotti a eu envie d’autre chose, de participer à des spectacles avant de revenir avec un album articulé autour du rêve. Première constatation, on ne pourra pas dire qu’elle s’est perdue en route, que son talent s’est érodé par l’éclectisme.

Sa voix est belle, certes, impeccable même mais c’est surtout en tant que musicienne qu’elle impressionne. Elle dirige la manœuvre, clairement, et impose un style et une orientation claire à ce Magnétique. Ce qui permet à l’ampleur de se déployer sur Le Mensonge, un des grands morceaux de cet album et fait monter de deux crans la fin de Tout Ce Que Tu Touches qui est bien moins percutant dans ses parties chantées notamment par le toujours sympathique Bertrand Burgalat. Mon petit préféré dans le genre reste sans doute Plaisir ou Agonie qui s’étend avec raison.

On note un virage assez seventies (comme nombre de ses compatriotes tels Benjamin Biolay, Jeanne Cherhal, Arnaud Florent-Didier, Vincent Delerm…) mais sans trop d’hommage direct et appuyé. Le résultat peut être très léger et ne recule pas devant le sax sur Phénomène Composite. Ni devant le sexe d’ailleurs puisqu’elle invite Viens dans ma chambre que je t’explique/Toutes les femmes sont hermaphrodites. Certains morceaux sont enlevés et légers, ce qui paradoxalement met plus de temps pour percoler. Radio Mentale Sentimentale grandit ainsi avec les écoutes. Tout le monde trace sa ligne rouge en la matière qui est passée pour moi sur La Beauté Du Geste, considération purement subjective je l’admets.

Tout comme j’ai pu la suivre très facilement sur la très belle plage titulaire finale. La musique qui sous-tend ses considérations sur les pensées est en tous cas très prenante. C’est un album qui plait dans l’ensemble, et est suffisamment riche pour que des détails plaisent écoute après écoute. On citera en vrac les cuivres sur la fin de Voir Les Etoiles Tomber, la fantaisie de Paradise Beach qui a pu rappeler le délire spatial de Florent Marchet, le thème du rêve permettant.

Sans morceau très immédiat, cet album riche confirme Barbara Carlotti comme une artiste française complète qui raffine à chaque album son univers un peu plus, à un tel point que sa très belle voix maîtrisée n’est qu’un argument parmi d’autres, la solidité musicale assurant la cohérence de l’album.


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