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Kartinka Trio - Kartinka (Tableaux d’une exposition)

mercredi 17 octobre 2018, par Marc


Si s’éloigner de son camp de base est souvent salutaire, ne comptez pas sur moi pour passer ma vie en terrain inconnu. Loin de moi l’idée de réhabiliter les critiques à la première personne ou seulement basées sur le ressenti mais quand à la lecture d’un dossier de presse les deux tiers des noms évoqués ne me sont pas connus, je sais que je m’éloigne assez nettement de mon rayon de compétence et mon expérience de lecteur m’a convaincu de l’intérêt limité de la critique profane.

Cependant, si la curiosité peut être éveillée par un de mes articulets, c’est mission accomplie. Le plaisir musical étant là, il faut le partager. Le trio Kartinka est composé de la violoniste Cécile Broché, du guitariste Jacques Pirotton et du batteur Antoine Cirri, lesquels peuvent se targuer de solides cv’s. La talent des protagonistes et leur versatilité prend aussi forme dans la variété des climats et ambiances.

On ne va pas faire semblant que les versions originales de Moussgorski nous sont connues. Ni mêmes celles qui furent orchestrées par Maurice Ravel et constituent le gros des interprétations. Donc la comparaison n’est pas possible pour nous mais on devine que les lignes mélodiques sont respectées mais triturées pour mieux servir de terrain de jeu. Tant mieux tant celle d’Il Vecchio Castello méritait d’être préservée. Elle prend même des allures orientales qui lui vont bien au ton. Les percussions peuvent aussi se faire plus exotiques (The Rich and The Poor) ou pas du tout, Gnomus n’étant pas loin de la rigueur du math-rock, avec un peu de folie créatrice en plus.

D’une manière générale, c’est d’une fluidité exemplaire. Pour briser toute tentation de systématisme, ils ont pensé aux bidouillages de voix (Marché de Limoges) et quelques ajouts électroniques discrets et délicats sur Catacombae I Con Mortuis. L’œuvre originale était déjà agrémentée de promenades qui sont pertinemment conservées ici et aèrent l’écoute.

Le violon jazz, agrémenté de wah-wah et de distorsion, fait inévitablement penser à Stéphane Grapelli quand on manque de repères mais on sait qu’on est dans la frange aventureuse. Parce qu’on peut passer du swing indéniable de Tuileries avec ses deux guitares au ton presque metal (sans disto exagérée) sur Baba Yaga. Les effets utilisés par les deux instruments solistes pourront sembler déroutants pour les amateurs de rock indé et dépressif qui doivent constituer l’éventuel lectorat habituel. La reverb n’est en effet plus trop usitée. Au final, revisiter une œuvre majeure quand on a ce genre de talent et une envie de liberté donne une œuvre riche et finalement facile d’accès. Il fallait donc que je vous en parle.

Article écrit par Marc

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