Accueil > Musique > 2018 > Saint Sadrill - Pierrefilant

Saint Sadrill - Pierrefilant

jeudi 6 décembre 2018, par Marc


Harmonies vocales en avant, grand départ sur un morceau de 11 minutes, on ne peut pas dire que la musique de Saint Sadrill vise les personnes pressées. Pourtant, le projet du Français Antoine Mermet et de ses comparses n’a rien de torturé. Elle musique prend son temps mais pas nécessairement pour flâner en route (ce qui serait son droit le plus strict) mais pour qu’on profite du climat installé.

On note encore plus de tension sur Corq qui en devient un gros morceau, riche de sa pulsation, de sa maîtrise et de sa liberté psychédélique et d’une belle guitare qui rehausse le tempo. On peut penser à quelques choses un peu folles comme The Irrepressibles dont le côté cabaret queer serait mis sous l’éteignoir.

Il y a des chœurs, certes, mais supportés par une section bien solide. Bon, ils peuvent aussi prendre e la place comme sur le démesuré (19 minutes) Happy Humans. La longueur en fait évidemment un terrain de jeu de choix, avec une basse très krautrock en invitée principale et des délires sonores qui ressemblent à ceux des Pink Floyd de la fin des années ’60 (le second disque d’Ummagumma pour fixer les idées).

D’une manière générale, on apprécie les belles digressions qui envoient les morceaux dans des directions autres, comme la pause ensoleillée bienvenue de Yar Mum qui pourtant ne détonne pas. We Gave You A Smile joue quant à lui la rupture franche, comme si le côté rude de Liars s’invitait par surprise dans un morceau folk.

To Go To go To Go est une belle chose élégante et élégiaque à la fois qui arrive à encapsuler sur un morceau de durée plus habituelle ce qui fait le sel de ses longues plages. Il y a de la tension, une mélodie qui nous ramène aux moments plus élégiaques de The Black Heart Procession.

La voix assure, certes, mais touche occasionnellement ses limites comme sur l’acide Buidling Lampshades ou les envolées de Kiss Songs mais c’est un détail. Beau sans doute, fort très certainement, cet étrange objet musical au fond, hors format mélange des choses qu’on apprécie de toute façon comme des balades solides et acides et des envolées bien senties.

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • Tamar Aphek - All Bets are Off

    On ne peut nier l’importance de la jeunesse, le mythe tenace du premier album. On sait qu’il y aura toujours des albums venus de nulle part pour récompenser notre patience et notre dévouement. On n’a qu’une seule chance de faire une bonne première impression et la jeune Israélienne Tamar Aphek la saisit à pleine mains. Son premier album (il y a eu un EP avant ça) démarre sur les chapeaux de roues, avec un ton qui rappelle Liars dans la propension à utiliser des rythmes fiévreux sans être abscons. (...)

  • MamaKilla - We Coo

    MamaKilla (on prononce ‘Mama kiya’ visiblement) est un power-duo avec Stéphane Del Castillo au chant et à la guitare, Boris Barzul à la batterie et aux samples. La formule est souvent reprise, notamment pour faire beaucoup de bruit ou assumer de bons délires psychédéliques. C’est un peu le cas ici, mais si on vous en parle, c’est surtout parce qu’il y a autre chose.
    On prend ses marques avec We Coo qui se pose en stoner dense et plutôt lent. Mais la tangente est vite prise dès Go and Tidy Up your (...)

  • Freedom Candlemaker - Beaming Light

    Vous reprendrez encore une petite lampée de pop grecque ? Pas de panique, Lefteris Moumtzis s’exprime en anglais, le nom du projet étant même la traduction littérale du patronyme du Chypriote.
    On entre tout de suite dans son univers cotonneux avec un son très doux. Mais on aura aussi de la variété puisque après l’ample début il varie et syncope. On aura droit aussi à une dose de psychédélisme. Le son étant un peu lisse et le ton fort détendu malgré le tempo jamais lymphatique, c’est un album qui pourra (...)

  • chickn - Wowsers

    Se laisser guider par les rencontres fortuites du net, voilà une bonne idée. Depuis quelques années, un des fournisseurs de découvertes est donc grec, Inner Ear Records. Ce qui nous a apporté des formations comme Gravitysays_i, Mechanimal, Tango With Lions, Golden Rain, Sundayman ou Baby Guru. Le temps avait manqué pour parler de l’album précédent de chickn, avec sa chouette pochette avec une vache dessus.
    Ce premier album était rock garage et un peu psychédélique. Celui-ci est plus léger, toujours (...)